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GLICK: «LA RÉBELLION ADOLESCENTE D’ISRAËL EST TERMINÉE», LE LEADER DU HAMAS EST ÉGYPTIEN, DIEUDONNÉ L’IMBÉCILE ET KARDASHIAN LA «BOMBE» IRANIENNE

Le post-sionisme des années 1990
Caroline B. Glick
Jpost.com, 1 Mai 2012
Adaptation française: Sentinelle 5772 ©

La politique des portes ouvertes aux radicaux israéliens était défendable dans les années 1990 quand une fraction significative du public israélien les soutenait. Vous pouvez en apprendre beaucoup sur la santé d’une nation en observant comment il célèbre ses fêtes nationales. Dans le cas d’Israël, comparez la façon dont nous avons célébré notre 50ème anniversaire de l’indépendance en 1998 aux célébrations d’aujourd’hui.

 

Pendant les années 1990, l’élite d’Israël se mettait en vacances de la réalité et de l’histoire et entraînait une grande part du public avec elle. Le ministre des affaires étrangères d’alors, Shimon Peres, déclarait que l’histoire était consommée. Les prétendus «Nouveaux Historiens» fouillant dans le placard de David Ben Gourion à la recherche de squelettes, étaient le chic du monde universitaire. Des radicaux comme Yossi Beilin, Shulamit Aloni et Avrum Burg dictaient leur politique au gouvernement.

Les media, l’establishment des loisirs et le ministère de l’éducation adoptaient et faisaient massivement la promotion des pièces, des films, des spectacles télévisés, des chansons, des danses et des livres qui «pourfendaient les vaches sacrées». Partout où vous vous tourniez, le post-sionisme était à la mode. Le post-judaïsme était à la mode. Et le sionisme et le judaïsme étaient tous les deux décidément hors jeu.

 

De même qu’il l’est aujourd’hui, Benyamin Netanyahou était Premier ministre en 1998, et alors comme maintenant il y avait des voix éminentes qui cherchaient à lui reprocher l’absence de paix et toutes les autres plaies de la terre.  En 1998, le gouvernement avait investi une fortune pour marquer le 50ème anniversaire de l’indépendance d’Israël. La principale célébration officielle fut une affaire énorme appelée les ‘Cloches du Jubilé’ qui eut lieu au stade Teddy à Jérusalem. Plus de 2000 artistes y participèrent. Mais plutôt que de servir d’évènement unifiant la société israélienne en fêtant 50 ans de libre souveraineté, l’évènement démontra seulement à quel point l’élite politique et culturelle d’Israël voulait attaquer les valeurs fondamentales de la société.

 

La troupe de danse ‘Bat Sheva’ était programmée au spectacle et présenta une danse composée sur le chant traditionnel de Pessah’ «Eh’ad mi yodeah» (Qui connaît l’Un?). Le chant contenait 13 strophes louant D.ieu, louant la Loi juive, et soulignant le cycle de la vie juive. Dans le numéro que ‘Bar Sheva’ devait présenter, les danseurs venaient sur la scène habillés en hommes juifs ultra-orthodoxes et à la fin du chant, tout ce qu’ils portaient, c’était leurs sous-vêtements.

 

La chorégraphie fit enrager des membres du cabinet de Netanyahou, dont le ministre de l’éducation Yitsh’ak Levy. Ils insistèrent pour que le programme ne contienne aucune partie insultant des secteurs de la société israélienne. Les organisateurs essayèrent de réaliser un compromis. Mais les danseurs choisirent de boycotter le festival.

 

L’establishment culturel et des media d’Israël exprimèrent leur scandale et leur horreur à la vue de la tentative du gouvernement d’attenter à la liberté artistique. L’Association des Artistes Israéliens exigea la formation d’une commission publique pour assurer que le gouvernement ne serait pas en mesure d’interférer dans la liberté artistique à l’avenir. Des icônes culturelles majeures déclarèrent une guerre culturelle contre les Juifs religieux.

 

La question de savoir si la danse était appropriée pour la célébration officielle, financée par l’Etat, du jour de l’Indépendance ne fut jamais posée. De même, personne ne demanda si une danse décrivant des Juifs ultra-orthodoxes se déplaçant sensuellement au son d’une chanson juive traditionnelle en enlevant leurs vêtements reflétait les valeurs de la société.

 

Pour comprendre la distance qu’Israël a parcourue depuis, pensez à la cérémonie du Jour du Mémorial mardi soir au Square Rabin à Tel Aviv. Aucun des artistes ne s’attaqua à ses compatriotes israéliens. Et l’artiste et la chanson qui eurent le meilleur accueil, ce furent Moshe Ben Ari et son interprétation du Psaume 121 – Chant de l’Ascension.

 

Le psaume, qui loue D.ieu comme l’éternel gardien d’Israël, est devenu l’hymne officieux de l’Opération Plomb Durci à Gaza en 2008-2009. Et l’interprétation du chant par Ben Ari a propulsé l’artiste musicien international, portant des anneaux de cheveux bouclés aux oreilles, vers la super célébrité en Israël.

 

Il était impossible d’imaginer le Psaume 121 ou tout autre poème ou chant juif traditionnel interprété comme rien d’autre qu’un objet de mépris en 1998. A l’époque, il aurait été impossible de contempler une foule de plusieurs dizaines d’Israéliens non religieux chantant avec respect pendant que Ben Ari chantonnait «D.ieu est mon secours / l’Auteur du Paradis et de la Terre / Il ne laissera pas votre pied trébucher / Votre Gardien ne sommeillera pas / Car il ne dort ni ne sommeille – le Gardien d’Israël».

 

Ce n’est pas que la foule aurait forcément hué la scène. Le chanteur n’aurait tout simplement jamais été autorisé à monter sur la scène. Les années 1990 furent la décennie qui lancèrent Aviv Gefen, le plus célèbre déserteur laïc, vers la célébrité. Israël n’est plus dans les jérémiades d’une rébellion adolescente. Il a repris ses esprits.

 

C’est vrai, ses célébrités ressemblent à Ben Ari et pas à Naomi Shemer. Mais le message est le même. Israël est un grand pays et une grande nation. Le sionisme est à la mode. Le post-sionisme est dépassé. Le post-judaïsme est dépassé. Quand l’an dernier un groupe d’artistes annonça qu’ils boycotteraient le Centre Ariel pour les Arts du Spectacle, le public réagit avec colère et dégoût, et pas avec compréhension.

 

Craignant de perdre des subventions de l’État, leurs directeurs de théâtre cherchèrent vite à prendre leurs distances vis-à-vis des artistes. Le retour d’Israël vers ses racines sionistes est le plus grand évènement culturel de la décennie passée. C’est aussi un évènement survenu sous l’écran radar du monde. Personne hors du pays ne semble l’avoir remarqué.

 

L’échec du monde extérieur à observer le changement culturel en Israël vient de son incapacité à reconnaître la signification de l’échec du processus de paix avec les Palestiniens d’un côté, et de l’échec du retrait d’Israël de Gaza de l’autre. La disparition du processus de paix à Camp David en Juillet 2000 et la guerre terroriste qui s’ensuivit lancèrent le public israélien sur sa voie éloignée de la rébellion radicale post-sioniste et de nouveau vers ses racines sionistes. L’échec du retrait de Gaza, et la réponse de la communauté internationale à l’Opération Plomb Durci, marquèrent la conclusion du périple.

 

Le processus de paix d’Oslo était fondé sur la croyance radicale qu’il est possible de faire la paix en donnant le pouvoir aux terroristes ainsi que la terre, la légitimité politique, de l’argent et des fusils. Pour adhérer à cette absurdité, le public devait vouloir tolérer la notion qu’il y avait quelque chose d’injuste dans la révolution sioniste. Parce que si le sionisme et la cause de la libération nationale juive sont justes, alors il est impossible de justifier l’accès au pouvoir de l’OLP, mouvement terroriste dédié à la destruction d’Israël et à la délégitimation du sionisme.

 

La majorité des Israéliens n’a jamais adopté la narration post-sioniste. Mais ils ont accepté la doctrine du compromis. Et ils ont partagé l’opinion que si le compromis échouait, le monde se placerait aux côtés d’Israël. Par conséquent, le début du réveil de la société sur le mensonge du post-sionisme au cœur du processus de paix était fonction non seulement de l’agression terroriste palestinienne qui commença après que Yasser Arafat eût rejeté la paix et son État à camp David. Il était aussi fonction de la Conférence de l’ONU en août 2000 à Durban et de sa suite au cours de laquelle la communauté internationale se plaça du côté palestinien. Cette démontra que alors que l’OLP avait mis en danger la vie de ses citoyens, l’octroi de la légitimité politique par Israël à l’OLP avait mis en péril la réputation du pays.

La leçon que les Israéliens retirèrent de l’échec du processus de paix était qu’Israël n’avait pas de partenaire palestinien pour la paix. Et jusqu’à ce que les Palestiniens changent, Israël n’a personne à qui parler. Alors qu’une petite majorité d’Israéliens continue de soutenir la partition de la terre entre Israël et un État palestinien, une immense majorité d’Israéliens croit qu’Israël n’a personne avec qui faire la paix et donc aucune possibilité de partager la terre avec succès.

Ce n’est pas la leçon que les étrangers ont apprise. De Bill Clinton à George W. Bush et de Tony Blair à Barack Obama et Nicolas Sarkozy, les dirigeants étrangers ont insisté pour dire que le processus d’Oslo avait presque réussi et que son échec était un coup de hasard. Tout au plus, ce que les fractions de la communauté internationale qui ne sont pas complètement anti-Israël ont voulu accorder à l’échec du processus de paix, c’est qu’il a échoué à cause d’un manque de courage. En disant cela, le problème n’est pas le concept d’un compromis avec des terroristes sur la terre, des fusils et la légitimité. Le problème est plutôt l’étroitesse d’esprit de dirigeants lâches. Donc la voie de progrès pour eux est claire: imaginer un ensemble de compromis plus attractif et jeter Israël dans le feu pour lui faire cracher les concessions requises.

Ensuite il y a les suites du retrait de Gaza. Le retrait unilatéral par Israël de Gaza a été un événement traumatisant national. L’expulsion forcée de milliers d’Israéliens de leurs foyers a conduit la société israélienne au bord de la désintégration. Cette décision a représenté le dernier espoir du ‘Mouvement pour la Paix’. Si les Palestiniens ne s’assoient pas avec Israël, ainsi allait l’opinion, Israël pourra toujours les apaiser simplement en leur donnant ce qu’ils voulaient sans aucun accord. Mais non seulement le retrait n’apporta pas la paix, mais encore il mena le Hamas au pouvoir. Il conduisit à des dizaines de milliers de projectiles sur le Sud d’Israël. Les Israéliens attendaient que le monde reconnaisse la signification de ce chapelet d’évènements.

 

Mais cela ne se produisit pas. Au lieu de voir les efforts que les Israéliens avaient fait pour apaiser les Palestiniens et se ranger de leur côté quand le compromis échoua de nouveau, la communauté internationale refusa même de reconnaître qu’Israël s’était retiré de Gaza. Condoleezza Rice força Israël à continuer de fournir de l’électricité et de l’eau à Gaza et de fournir des soins médicaux aux Gazaouis dans les hôpitaux israéliens comme si rien ne s’était produit. Personne n’accepta qu’Israël n’en n’ait plus la responsabilité.

En ce qui concernait la majorité des Israéliens, l’issue finale de notre désertion de la réalité survint avec la publication du Rapport Goldstone à la suite de ’Plomb Durci’. Là, Israël fut obligé de se défendre lui-même contre Gaza dirigé par le Hamas qui menait une guerre illégale de missiles contre des civils israéliens. Plutôt que de se placer aux côtés d’Israël qui avait tout fait pour la paix, la commission de l’ONU accusa Israël d’avoir commis des crimes de guerre.

Sans aucun doute, la raison pour laquelle des personnes étrangères n’avaient pas tiré les mêmes leçons que le public israélien de l’échec du processus de paix et du retrait de Gaza, c’était parce que les seuls Israéliens qu’ils entendirent étaient les quelques vieux restes des années 1990. Des gens comme l’ancien directeur du ‘Shin Bet’ (Agence des services secrets d’Israël). Ami Ayalon peut s’attendre à voir chacun de ses éditoriaux de couverture sur les retraits de territoire et les destructions d’implantations publiés dans le ‘New York Times’, alors que Richard Goldstone ne fut même pas capable d’obtenir que le ‘Times’ publie son aveu que les conclusions de sa commission éponyme étaient fausses.

 

Cette politique de porte ouverte aux radicaux israéliens était défendable dans les années 1990 quand une fraction significative du public israélien les soutenait. Maintenant cela ne constitue rien de plus qu’une campagne de propagande anti-Israël. Depuis Obama à ‘J Street’ et à l’Union Européenne, les acteurs internationaux intéressés à forcer Israël à faire plus de concessions aux Palestiniens, ne peuvent pas comprendre pourquoi leurs tentatives continuent d’échouer. Comment est-il possible qu’en dépit de leurs meilleurs efforts, Netanyahou demeure au pouvoir et que la Gauche n’exerce aucune attraction sur le public? Pour répondre, ils n’ont pas besoin de regarder plus loin que Moshe Ben Ari, ses cheveux bouclés aux oreilles, et son interprétation du Psaume 121. La rébellion adolescente d’Israël est terminée.

Mahmoud Zahar, le leader du Hamas à Gaza prend la nationalité égyptienne
Niso Amzar
JSSNews, 2 Mai 2012

Il y a peu, nous rappelions qu’une grande partie des leaders «palestiniens» à Ramallah ont la nationalité jordanienne. Nous nous souvenions également que Yasser Arafat était lui-même égyptien né en Égypte. Aujourd’hui, le leader du Hamas à Gaza vient de recevoir la nationalité égyptienne à son tour! Une occasion en or pour le chef terroriste qui compte profiter de sa nouvelle nationalité pour aller voter aux prochaines présidentielles de son nouveau pays. Arrêtera t-il pour autant «de se prendre» pour un palestinien? Et Zahar ne cache même pas cette actualité. Il avoue carrément «vouloir voter pour les islamistes.» Mahmoud Zahar, a profité d’une loi égyptienne qui permet aux «palestiniens» nés de mère égyptienne de devenir des ressortissants égyptiens. Une loi qui était en suspend ces trente dernières années mais avec l’éviction de Moubarak, les islamistes ont désormais les mains libres!

 

Pendant des décennies, la plupart des pays arabes ont refusé d’accorder la citoyenneté aux Palestiniens. Et quand elle fut accordée, comme en Jordanie, les «certificats de nationalité» sont à présent annulés. Au Liban et en Syrie, en plus de rester apartheid de père en fils, les «palestiniens» sont soumis à un terrible apartheid. Quoi qu’il en soit, depuis plusieurs semaines, des milliers de palestiniens auraient reçus la nationalité égyptienne. Une excellente nouvelle pour les Frères Musulmans qui comptent sur chaque vois pour pouvoir prendre le pouvoir «légalement.» Zahar a reçu son passeport égyptien en septembre 2011.

Quand La Presse banalise l’antisémitisme de Dieudonné
David Ouellette
Davidouellette.net, 30 Avril 2012

Cette lettre du Centre consultatif des relations juives et israéliennes a été soumise pour publication à La Presse le 29 avril 2012

 

Dans son article intitulé «Dieudonné: ‘On doit combattre tous les racismes’» (La Presse, 28 avril 2012), Éric Clément permet à l’humoriste français de se défiler de tout antisémitisme et de toute complicité avec l’extrême droite française sans offrir la moindre contrepartie à ses sophismes.

 

Pourtant, si naguère il était encore concevable de lui prêter une certaine ambigüité, les gestes et les paroles de Dieudonné, maintes fois condamnés par la justice française, ont fini de convaincre la presse, la classe politique et le milieu du spectacle de l’Hexagone que Dieudonné a mis son humour au service de l’agitation antisémite. Que ce soit sur les planches ou hors scène, Dieudonné fraie avec tout ce que la France compte d’antisémites, de racistes, de négationnistes, d’extrémistes de droite et d’islamistes.

 

Apologète du régime iranien, Dieudonné qualifie son président ouvertement antisémite de «personnage politique le plus éclairé, le plus brillant, le plus courageux, le plus honnête». Loin d’être ingrat, le régime iranien a financé la réalisation de son premier film, «L’antisémite», qui tourne en dérision l’Holocauste.

 

Dieudonné a orchestré en 2008 la remise d’un prix au négationniste Robert Faurisson par un acteur déguisé en déporté juif sous les yeux de l’ancien chef du Front National Jean-Marie Le Pen, une odieuse mascarade pour laquelle le Tribunal correctionnel de Paris a condamné Dieudonné en 2009. Puis, cette année, Dieudonné a accompagné ce même Faurisson en Iran où il a reçu des mains de Mahmoud Ahmadinejad un «prix de la bravoure» pour sa négation du génocide des Juifs d’Europe.

 

Dénonçant l’ «occupation sioniste» de la France dans la presse d’extrême droite française, Dieudonné a créé un parti politique «aux nets relents antisémites», selon Le Monde, composé d’extrémistes de droite, d’islamistes et de négationnistes qu’endossent le terroriste Carlos, le Hamas et le Hezbollah.

 

Le spectacle qu’il présentera à Montréal, «Rendez-nous Jésus», fait l’objet d’une enquête de la justice belge en vertu de la loi réprimant l’incitation à la haine. Selon le quotidien de référence belge Le Soir, le spectacle est «une longue litanie de propos antisémites explicites ou suggérés». Alors qu’aucun grand média français n’est plus dupe de l’obsession anti-juive de Dieudonné, il est atterrant de constater qu’on puisse encore s’employer chez nous à banaliser l’antisémitisme primaire de cet agitateur professionnel.

 

David Ouellette
Directeur associé, affaires publiques (Québec)
Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes

Kim Kardashian: bombe sexuelle contre l’islamisme?
Mathieu Bock-Côté
bock-cote.net, 24 Avril 2012

Apparemment, nous savions tous que Kim Kardashian était une «bombe». Est-elle même une arme de destruction massive? À tout le moins, c’est ce qu’on pense en Iran, où on s’inquiète beaucoup d’une supposée révolution culturelle et sexuelle pilotée à partir de Washington. L’objectif des Américains? Exciter médiatiquement la sexualité au pays des mollahs, dissoudre les mœurs si austères du peuple d’Iran, verser partout l’acide de la sensualité sur une société qui aurait justement censuré la promiscuité entre les sexes. Faire exploser le régime non pas en déclenchant une opération militaire contre lui, mais en fragilisant ses fondations morales. Ne disait-on pas autrefois que la plume était plus forte que l’épée? Dira-t-on aujourd’hui que le sein librement exposé est plus efficace qu’un bombardier furtif?

 

On peut retenir une chose de cette amusante nouvelle qui en dit beaucoup sur la congélation mentale du totalitarisme islamiste: tout régime politique entretient une relation particulière envers la sexualité. Il peut la valoriser, il peut la réprimer. Il peut encourager sa libre expression ou la canaliser vers la famille. Il peut la banaliser ou la diaboliser. Entre la révolution sexuelle soixante-huitarde dont nous sommes aujourd’hui revenus en bonne partie et le traditionalisme constipé des ennemis du plaisir charnel, il y a évidemment toute une série de «positions» possibles, qui conjuguent avec plus ou moins de bonheur les exigences de l’émancipation affective et sexuelle et celle d’une modération de la pulsion sexuelle, qui relève autant de l’instinct de vie que de l’instinct de mort, comme nous le savons. On le sait bien, le sexe est compliqué et réfère aux parties les moins «rationnelles» du désir humain.

 

Mais la sexualité ne saurait être réduite à une pulsion. Elle est culturellement orientée, socialement balisée, politiquement encadrée. Le grand sociologue Michel Foucault, que j’ai très souvent critiqué dans mes travaux académiques, avait toutefois bien compris que la sexualité s’inscrivait effectivement dans une histoire politique et culturelle. Une chose est certaine: aucun régime politique ne peut faire l’économie de cette part absolument irrépressible de l’existence humaine. Tout régime qui réprime ou occulte exagérément la sexualité finira par s’assécher puis se fissurer. Un régime qui assimile toute forme d’émancipation sexuelle à une irréversible décadence est contre-nature et poussera l’homme à développer des pathologies affectives souvent ridicules, quelquefois dramatiques.

 

Cela ne nous dispense pas de nous désoler de l’hypersexualisation de la société occidentale. Cela ne nous dispense pas d’analyser les pathologies de l’émancipation, qui sont nombreuses, qui sont indéniables. L’œuvre de Michel Houellebecq, par exemple, nous montre bien comment la révolution sexuelle a mal tourné pour bien des catégories de la population. Mais cela nous donne le droit de nous moquer de ceux qui ne cherchent pas à civiliser le sexe mais à l’éradiquer et qui assimilent chaque érection non-encadrée par les balises du mariage, de la procréation et de la religion à un défi idéologique envers la sainte moralité commandée directement par les écritures divines. Je préférerai toujours notre décadence aussi agréable qu’exaspérante à l’inhumaine vertu des fanatiques d’une pureté totalitaire.

Shabat Shalom à tous nos lecteurs!

 

L’ISLACCOMMODATION DÉRAISONNABLE

 

 

LE QUOTIDIEN LA PRESSE FLIRTE AVEC L’ISLAMISME
Dépêche 

Postedeveille.ca, 23 avril 2012

L'équipe de Poste de Veille répond à l'article d'Anabelle Nicoud Le Québec flirte avec Marine Le Pen paru dans La Presse du 21 avril dans lequel elle associe Poste de Veille à la «toile brune» qui inciterait à la violence.

 

Parcourir Poste de Veille permet aux lecteurs de lire un nombre significatif d’articles et de chroniques réfutant l’opinion éditoriale du quotidien La Presse telle qu’exprimée par certains de ses éditorialistes et de ses chroniqueurs.

 

C’est que Poste de Veille, dans le souci d’informer objectivement ses lecteurs, s’est donné le mandat de rétablir les faits chaque fois qu’un grand quotidien ou un grand diffuseur s’adonne à la désinformation. L’édition de La Presse du samedi 21 avril ne fera pas exception, il s’agit cette fois d’un reportage signé Anabelle Nicoud et dont le titre est «Le Québec flirte avec Marine Le Pen».

 

Dès l’introduction l’intention de l’auteur est mise en évidence: discréditer les blogues qui informent le public sur l’islamisme et les risques qu’il incarne pour les sociétés occidentales. En guise de rapprochement, trois éléments chocs ont été utilisés dans le même paragraphe: la mention de l’extrême droite européenne, celle d’Anders Breivik le tueur norvégien d’extrême droite et l’expression «toile brune» en référence aux chemises brunes nazies, de sinistre mémoire, dont le rôle était d’intimider et de violenter les adversaires politiques. On peut donc affirmer qu’Anabelle Nicoud n’y est pas allée avec le dos de la cuillère ou comme on dit au Québec «elle en a beurré épais». Le procédé bien connu de reductio ad Hitlerum ne l’a pas rebutée, ce qui dénote chez elle un certain amateurisme. En effet, elle a, sans s’en apercevoir et dès les premières phrases, dévoilé son parti-pris et soulevé des doutes sur son objectivité.

 

L’auteur du reportage ne le dit pas explicitement mais de toute évidence elle considère les craintes que suscite l’islam radical comme non fondées. S’il en avait été autrement elle se serait donné la peine d’investiguer la question pour savoir si les auteurs des blogues ont de bonnes raisons de s’inquiéter. L’égalité des sexes, les droits des femmes, la laïcité dans l’espace public, la démocratie, la liberté d’expression, les droits des homosexuels, la paix sociale etc. sont-ils menacés par l’islam radical? Cette question Anabelle Nicoud ne s’est pas donnée la peine de se la poser et elle n’y a pas répondu dans son reportage, cependant elle laisse entendre que ceux qui soulèvent cette question dans leurs blogues ne sont que des «chemises brunes» virtuelles qui incitent à la violence. L’auteur a emprunté ici l’un des procédés de l’extrême gauche, l’inversion des responsabilités: le danger ne vient pas du fascisme islamique mais de ceux qui tirent la sonnette d’alarme à son sujet!

 

L’auteur associe islamophobie et judéophobie pour mieux discréditer les blogues qui informent le public sur l’islam radical et les forfaits dont il se rend responsable. Jihadwatch, Atlas Shrugs, Gates of Vienna, Riposte laïque, etc., qu’elle mentionne ne s’intéressent aucunement aux juifs sauf quand ces derniers subissent des menaces et des préjudices de la part des islamistes. D’autres groupes, les homosexuels, les coptes, les bahaïs, les ahmadis par exemple, sont également ciblés par l’islamisme, ils obtiennent par conséquent une couverture adéquate dans ces blogues faute d’en obtenir dans les grands médias écrits et télévisés.

 

Mais l’auteur ne se donne pas la peine de définir l’islamophobie, s’agit-il pour elle d’une haine aveugle, d’une peur irraisonnée ou d’une crainte légitime et justifiée de l’islamofascisme? On ne sait trop, ce qu’on constate toutefois c’est qu’elle s’en sert dans un sens péjoratif, imitant en cela l’Ayatollah Khomeiny qui a inventé cette expression pour discréditer ceux qui dénonçaient la tyrannie islamique imposée brutalement aux Iraniens.

 

Madame Nicoud n’explique pas pourquoi il n’existe pas de blogues qui mettent en garde contre le christianisme, l’hindouisme, le bouddhisme, l’animisme ou, tant qu’à y être, contre l’islam alaouite, l’islam ismaélite ou l’islam soufi. Serait-ce parce que ces religions ou ces branches de l’islam ne constituent aucun danger pour notre société? Ou parce que leurs adeptes s’y intègrent facilement et ne cherchent pas à en faire une copie conforme de celle qu’ils ont quittée?

 

L’auteur ne souffle mot des blogues islamistes haineux qui pullulent sur le web, certains de leurs auteurs vivent au Québec. Ces sites ne se contentent pas de semer la haine des non-musulmans, ils vont plus loin et incitent leurs lecteurs à s’enrôler pour le jihad mondial. C’est ainsi que nombre de jihadistes en Afrique du Nord, en Somalie, en Irak, au Yémen, en Tchétchénie et en Afghanistan ont été recrutés en Occident. Et que dire des complots jihadistes fomentés à partir d’internet au cœur même du Québec, ne sont-ils pas de nature à inspirer à madame Nicoud un peu d’islamovigilance? L’auteur ne nous dit pas pourquoi La Presse détourne les yeux quand des conférenciers islamistes sont invités dans nos universités pour endoctriner les jeunes musulmans et les inciter à ne pas s’intégrer dans notre société. Leur enseignement serait-il à ce point conforme aux principes du multiculturalisme défendu par La Presse?

 

Madame Nicoud fait siennes les affirmations d’Oyvind Strommen à l’effet qu'avant de tuer 77 personnes, Anders Behring Breivik s'est nourri des idées propagées sur les réseaux internet de l'extrême droite européenne et américaine. Il soutient par là que les informations objectives qu’il a récoltées ici et là l’ont décidé à commettre son crime. Il s’agit là d’affirmations dénuées de fondements et dont le but premier est de salir ceux qui défendent des opinions et des positions opposées aux siennes. Bat Yeor, Mark Steyn ou Robert Spencer cités par Breivik sont reconnus pour le sérieux de leur travail et de leur documentation, ils n’affirment rien sans preuve bien démontrée. On ne peut, sans mauvaise foi, les accuser d’inciter à la haine ou à la violence.

 

…Oyvind Strommen et tous ceux qui soutiennent sa thèse dont Anabelle Nicoud auraient dû accorder aux islamistes qui massacrent sans discernement, le même traitement réservé à Breivik, à savoir questionner les références sur lesquelles ils se basent pour accomplir leurs crimes haineux

 

Pour être équitable et faire preuve d’objectivité, Oyvind Strommen et tous ceux qui soutiennent sa thèse dont Anabelle Nicoud auraient dû accorder aux islamistes qui massacrent sans discernement, le même traitement réservé à Breivik, à savoir questionner les références sur lesquelles ils se basent pour accomplir leurs crimes haineux. Ces références sont le coran et la sunna de Mahomet, les jihadistes les citent ouvertement pour justifier leurs attentats meurtriers. En effet les textes sacrés des musulmans incitent explicitement au meurtre des infidèles, et pourtant à aucun moment les bien-pensants comme Strommen n’ont dénoncé le coran ou la sunna de Mahomet. Peut-on parler ici de deux poids deux mesures, d’indignation à géométrie variable ou d’aveuglement volontaire?

 

Les lecteurs de La Presse avaient droit à un examen objectif du contenu des blogues qui s’opposent à l’islam radical, en effet dénoncer et condamner sans preuves à l’appui est contraire à l’objectivité la plus élémentaire. Nous pouvons même aller plus loin et affirmer que l’objectivité implique d’informer le public d’une manière équilibrée sans prendre parti et laisser le public juger par lui-même. Or l’auteur n’a rien exposé du contenu des blogues et en ce qui concerne Poste de Veille dont elle parle, elle a choisi de passer sous silence les nombreux articles rédigés par des musulmans modernistes tels que Tarek Fatah, Salim Mansur, Tawfik Hamid, Sami el Beheiri, Amil Imani et bien d’autres qui dénoncent le fanatisme islamique et pour qui nos quotidiens, dont La Presse, ne font preuve d’aucun intérêt.

 

Mais il y a plus quand l’auteur mentionne que: Le site espère inciter ses lecteurs à «passer à l'action», elle fait délibérément usage de guillemets et omet de préciser qu’il s’agit d’action citoyenne. Plus loin dans le reportage elle rapporte les propos d’Oyvind Strommen pour qui «les idées défendues sur la «toile brune» sont virtuelles, mais ne devraient pas être banalisées: leur potentiel de violence, lui, est bien réel.» C’est avec cette phrase que le reportage se termine, et il s’agit là du message que l’auteur cherche à transmettre aux lecteurs. Madame Nicoud aurait pu, sans porter de jugement explicite ou implicite, conseiller aux lecteurs de se faire une idée par eux-mêmes, en allant faire un tour sur les sites qu’elle mentionne dans son reportage. Elle ne l’a pas fait, elle a gardé le silence sur le contenu des blogues, se contentant de les traiter de chemises brunes virtuelles et de sites d’extrême droite.

 

Il sied mal à un journal qui se veut objectif et respectable de condamner sans preuves et sans appel des citoyens qui s’imposent le devoir d’informer le public d’ici et d’ailleurs. Le geste est d’autant plus déplorable qu’il s’apparente à une tentative d’éliminer la concurrence émanant d’individus qui ne disposent pas de moyens comparables à ceux d’un grand quotidien. Mais ce qui est encore plus révoltant c’est le fait que le quotidien La Presse discrédite des opinions contraires aux siennes, sans analyse objective, sans s’astreindre au débat d’idées, sans étayer ses arguments, en un mot sans se donner la peine de réfuter les thèses qu’il ne partage pas.

 

Paresse intellectuelle ou manque flagrant de professionnalisme chez les journalistes de La Presse? Arrogance ou sentiment de supériorité morale qui les dispense d’accomplir honnêtement leur travail? Désir inavoué de maintenir les lecteurs dans leur giron? Volonté de défendre par n’importe quel moyen le multiculturalisme que les Québécois rejettent de plus en plus? Telles sont les questions qu’il convient de se poser après la lecture du reportage d’Anabelle Nicoud.

 

Mais il est également approprié de s’interroger sur le pourquoi du succès de blogues tels que Poste de Veille. Si la presse écrite et électronique faisait convenablement son travail et informait objectivement les gens, si elle ne cherchait pas à leur inculquer par des moyens contestables ce qu’ils doivent penser, les blogues n’auraient jamais vu le jour. S’ils existent et s’ils ont du succès c’est parce qu’ils inspirent confiance et répondent à un besoin. Tant que les grands médias se réfugieront dans le déni et persisteront dans la même voie, les blogues continueront de prospérer et d'attirer un nombre sans cesse croissant de lecteurs.

 

Poste de Veille

PARDONNER AUSCHWITZ AUX JUIFS
David Ouellette

Davidouellette.net, 8 avril 2012

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale et de la découverte des camps d’extermination nazis, la philosophe juive allemande Hannah Arendt consignait cette réflexion dans une lettre à son ancien maître Karl Jaspers:

 

Ces crimes, il me semble, ne peuvent être appréhendés juridiquement et c’est justement ce qui fait leur monstruosité. […], cette culpabilité, contrairement à toute culpabilité criminelle, dépasse et fracasse tout ordre juridique. […] Cette culpabilité est toute aussi inhumaine que l’innocence des victimes. Les hommes ne peuvent absolument pas être aussi innocents qu’ils l’étaient, tous ensemble, devant les fours à gaz. On ne peut absolument rien faire humainement et politiquement avec une culpabilité campée au-delà du crime et une innocence au-delà de la bonté et de la vertu. Car les Allemands sont accablés par des milliers ou des dizaines de milliers ou des centaines de milliers qui ne peuvent être punis de manière adéquate au sein d’un système légal; et nous Juifs sommes accablés par des millions d’innocents, en raison desquels chaque Juif aujourd’hui se perçoit comme l’innocence personnifiée. [Hannah Arendt/Karl Jaspers Briefwechsel, 1926-1969 / Lotte Kohler et Hans Saner (éd.), Munich, 1985]

 

Plusieurs années plus tard, le psychanalyste israélien Zvi Rex cristallisera le ressentiment engendré par le sentiment de culpabilité incommensurable liée à la destruction des Juifs d’Europe dans cette formule lapidaire: «Les Allemands ne pardonneront jamais Auschwitz aux Juifs». Un antisémitisme, non pas en dépit, mais à cause d’Auschwitz, parce que par leur survie et leur simple présence, les Juifs se désincarnent pour ne devenir qu’un rappel lancinant des crimes perpétrés à leur endroit.

 

Le revers de cet antisémitisme à cause d’Auschwitz est un philosémitisme tout aussi répréhensible, quoique moins répandu. Le philosémitisme projette sur les Juifs une innocence et une vertu inhumaines, mais se retourne rapidement en antisémitisme, dès lors que les Juifs sont perçus comme étant en deçà de cette attente inhumaine.

 

C’est à la formule de Rex que j’ai immédiatement songé en lisant l’étrange coup de gueule travesti en poème du prix Nobel de littérature Günter Grass. Publié cette semaine dans plusieurs journaux internationaux, le poème de la “conscience morale” de l’Allemagne d’après-guerre, lui qui à l’automne de sa vie a levé le voile sur son passé de Waffen-SS, prétend briser un tabou. Lequel? Le tabou qui l’a longtemps prévenu de critiquer Israël en tant qu’Allemand sous peine de passer pour un antisémite. Et la critique? Israël, croit Grass, planifie l’ “extinction du peuple iranien” et “menace une paix mondiale déjà fragile”. Pourquoi? Parce que l’ancien nazi ne voudrait pas devenir un “survivant” du génocide qui vient; tourmenté par son passé nazi, Grass voit dans la dénonciation d’un génocide imaginaire israélien l’occasion de déboulonner l’ “innocence et la vertu inhumaine” attendue des Juifs après la Shoah et de se dérober du fardeau intolérable de la “culpabilité inhumaine” des crimes nazis.

 

De l’extrême-gauche à la droite libérale allemande en passant par l’arc-en-ciel idéologique de la presse européenne, plusieurs soupçonnent Grass d’antisémitisme larvé, voire décomplexé. Mais la critique qui retient davantage mon attention est celle de la projection de son propre sentiment de culpabilité pour Auschwitz sur l’État d’Israël. “Schuldverschiebung und Selbstentlastung“, dénonce le prestigieux hebdomadaire Die Zeit, “transfert de culpabilité et auto-exonération“. “Schuldverrechnung eines Rechthabers“, “virement de culpabilité opiniâtre”, critique aussi l’hebdomadaire Der Spiegel. Le quotidien autrichien Die Presse y voit un mal qui est loin d’affecter le seul auteur du poème: «Grass n’est évidemment pas l’unique intéressé politique en Allemagne (ou en Autriche) qui s’occupe obsessivement d’Israël, qui consacre une bonne partie de son potentiel de protestation au pays. Qui, comme Grass dans un passage particulièrement perfide, reproche à l’État d’Israël de vouloir éliminer un peuple (dans ce cas-ci, le peuple iranien)». Pour le grand critique littéraire allemand Frank Schirrmacher, le poème est un «torchon de ressentiment». «Le débat devrait porter sur la question de savoir s’il est justifié de faire du monde entier la victime d’Israël seulement pour qu’un homme de 85 ans puisse faire la paix avec sa propre biographie», conclut-il sévèrement.

 

Nul besoin d’être allemand ou autrichien pour retourner la Shoah contre Israël et les Juifs. Tourmenté par le sentiment coupable de sa propre survie à Auschwitz, l’écrivain Primo Levi ne fut-il pas le premier à céder à la tentation de faire expier aux Juifs leur statut involontaire de victimes absolues en érigeant Israël en bourreau absolu et ses ennemis au Moyen-Orient en victimes absolues lorsqu’il déclara que «tout le monde est le Juif de quelqu’un, et aujourd’hui les Palestiniens sont les Juifs des Israéliens»? Pensons au philosophe juif français Edgar Morin qui s’exclamait dans Le Monde que «les juifs victimes de l’inhumanité montrent une terrible inhumanité». Au prix Nobel de littérature portugais José Saramago qui pontifiait en 2002: «Ce qui arrive en Palestine est un crime que l’on peut arrêter. Nous pouvons le comparer à ce qui est arrivé à Auschwitz».

 

Plus près de chez nous, pensons à Victor-Lévy Beaulieu pour qui la Seconde Guerre du Liban illustrait l’extériorisation d’une prétendue pulsion génocidaire ancrée dans l’essence même du judaïsme: «de l’assassinat sélectif à la guerre totale, du génocide à l’extermination absolue, les armes du droit judaïque ne connaissent pas la mesure (…) Que sont donc ces guerres contre la Palestine et le Liban, sinon des guerres d’extermination, sinon des génocides odieux». Ou encore à Pierre Vadeboncoeur qui, dans un article intitulé Guernica bis en référence à la destruction de cette ville espagnole par l’aviation nazie, écrivait dans Le Devoir, au lendemain de la Seconde Guerre du Liban, que «le traitement des Juifs dans les pays chrétiens à travers les siècles et finalement l’Holocauste furent des crimes pour lesquels il n’y aura pas de rémission même dans mille ans. Le peuple juif n’aura jamais fini de demander réparation». Ce même quotidien hurlait «Israël ne se défend pas, il extermine» pendant la guerre de Gaza de 2009.

 

Alors qu’on ne cesse de reprocher aux Juifs le chantage à Auschwitz, c’est surtout l’inverse qui est vrai. Il n’y a pas de manifestation “pour la paix” sans assimilation de l’étoile de David à la croix gammée. «Les Juifs n’ont-ils donc rien appris de la Shoah?» est devenu un lieu commun de la “critique” d’Israël et de la démesure avec laquelle on nazifie non seulement les “crimes de guerre” imputés à l’État juif, mais l’existence nationale des Juifs. Et c’est là un cruel paradoxe de la condition juive; pour ceux qui ne pardonnent pas Auschwitz aux Juifs, la restauration de l’existence nationale du peuple juif, qui devait l’émanciper de sa condition d’exception, sert de prétexte pour cimenter l’exception juive.

Shabat Shalom et Yom Haatsmaout à tous nos lecteurs!

 

ÉLECTIONS AMÉRICAINES, NAÏVETÉ ET FAUSSES ÉQUIVALENCES

 

 

Les élections américaines et Israël
Jacques Benillouche
Guysen.com, 11 avril 2012

L’américain modéré Mitt Romney, favori dans la course à l'investiture du Parti républicain, vient d’être désigné pour s’opposer à la réélection de Barack Obama. Il aura la lourde tâche de convaincre la majorité des juifs à voter pour lui alors que, pour l’instant, 30% sont prêts à lui faire confiance. Contrairement à la France, les juifs qui représentent 2% de la population peuvent influer sur le vote de la présidentielle car ils vivent dans deux importants États, la Floride et la Pennsylvanie, où ils peuvent faire basculer le résultat. Ils ont toujours voté pour le candidat démocrate, et pour l’instant, il semble qu’ils ne comptent pas modifier leurs habitudes.

 

Questions économiques

 

Les juifs ne vont pas voter selon la position des candidats vis-à-vis d’Israël mais en fonction des solutions qui leur sont proposées sur les questions économiques. En période de récession, la politique étrangère est leur dernier souci. Un sondage du Public Religion Research Institute précise d’ailleurs que 51% des électeurs juifs mettent la situation économique au premier plan, 4% se prononcent en fonction de l’avenir d’Israël et 2% jugent les problèmes liés à l’Iran. Ce sondage confirme ainsi que, à l’instar de la France, les préoccupations internes au pays priment sur la stratégie des politiques à l’étranger.

 

Cela n’empêche pas les républicains de multiplier les déclarations contre l’Iran et de confirmer leur soutien à Israël. Mitt Romney s’est engagé à soutenir Israël et à s’opposer à l’Iran. Mais, depuis 1967, tous les candidats avaient affirmé durant leur campagne électorale que, s’ils étaient élus, ils transfèreraient l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Seuls ceux qui les ont écoutés ont cru à cette promesse et l’ambassade trône toujours au milieu de la rue Hayarkon, la rue des clubs et bars et des restaurants.

 

Refus de la faiblesse

 

L’histoire a montré que la faiblesse vis-à-vis des ennemis d’Israël pourrait être défavorable à un candidat, fut-il sortant. Jimmy Carter en avait fait les frais puisqu’il n’avait pas été réélu. Il avait montré à la fin de son mandat une grande faiblesse dans l’abandon du Shah d'Iran, dans la crise des otages de l'ambassade américaine à Téhéran et dans l'intervention soviétique en Afghanistan. Israël y avait vu un avertissement dans ses relations avec les États-Unis, nécessitant une plus grande indépendance.

 

Jimmy Carter l’avait d’ailleurs constaté : «Tout membre du Congrès qui désire se faire réélire est quasiment dans l’impossibilité de dire qu’il adoptera une position équilibrée entre Israël et les palestiniens, ou qu’il insistera auprès d’Israël afin qu’il se retire à l’intérieur des frontières internationales, ou encore qu’ils s’attèleront à la protection des droits humains des palestiniens – car s’il lève la langue sur ces questions, il est pratiquement certain de ne pas être réélu». C’est pourquoi, Mitt Romney a annoncé qu’il ferait sa première visite officielle à l’étranger en Israël s’il était élu. Il avait d’ailleurs attaqué le discours de Barack Obama devant l’AIPAC, le lobby pro-israélien, le 4 mars: «Si Barack Obama est réélu pour un second mandat, l’Iran se dotera de l’arme atomique».

Le président Obama savait, dès le départ, que le danger viendrait de Mitt Romney et il avait conseillé à ses stratèges d’axer leurs attaques sur lui tout en s’attelant aux solutions des problèmes économiques qui pourraient seuls lui faire perdre l’élection.

 

Bon gestionnaire

 

La force du candidat Mitt Romney est de dominer les problèmes économiques. Ancien gouverneur du Massachusetts, millionnaire enrichi grâce à sa société d’investissement et doté d’une fortune de 250 millions de dollars, il est réputé pour être un bon gestionnaire. Diplômé de droit de l’université Harvard et titulaire d’un M.B.A, il a créé sa propre société d’investissement Bain Capital. Sa gestion de l’organisation des Jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002 avait dégagé beaucoup de profits. De même, en tant que gouverneur de l’État de Massachusetts de 2003-2007, il a non seulement équilibré les finances mais il a quitté son poste en laissant des excédents. C’est dire sa capacité à gérer les finances publiques qui représentent actuellement la préoccupation majeure des américains.

 

Mormon pratiquant, Mitt Romney était évêque de la paroisse (sorte de pasteur) puis éparque (responsable d’un évêché). Il est classé parmi les conservateurs modérés qui savent faire preuve de souplesse politique si nécessaire. David Axelrod, qui avait mené Barack Obama à la victoire, a trouvé un qualificatif pour le définir: «occuper deux positions sur chaque question, une à gauche et une autre loin à droite, ne fait pas de vous un centriste. Cela fait de vous un charlatan». Certains membres de son parti lui attribuent une étiquette de «charognard» (Rick Perry) ou de «menteur» (Newt Gingrich).

Il ne néglige pas les problèmes internationaux puisqu’il s’est engagé à modifier la politique internationale américaine qui a «perdu sa foi dans les idéaux américains». Il veut redonner aux États-Unis la grandeur et la force qu’ils ont perdues ces dernières années. Il estime nécessaire de renforcer la puissance militaire et nucléaire des États-Unis et de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme islamique alors que «les nations telles que la Russie et la Chine s’efforcent de neutraliser notre primauté militaire.» Malgré cela, Israël n’attend pas un changement notable en cas d’alternance. Benjamin Netanyahou a déjà assimilé ce principe et il peaufine sa propre politique de sécurité en fonction des seuls intérêts de son pays. Il conseillera aux juifs américains de voter en fonction de leur conscience.

(Jacques Benillouche est le correspondant à Jérusalem du site internet français SLATE.fr, chroniqueur au sein de la chaîne GUYSEN TV, à la Radio nationale KOL-ISRAEL et auprès de plusieurs autres médias francophones d'Israël.)

US Jews and Obama: sorry, folks, but they're for him!
Dépêche
Philosemitisme.blogspot.ca, 11 avril 2012

Brian Goldfarb commente l'article paru dans le Jewish Forward sur un sondage sur les intentions de vote des Juifs à l'approche de l'élection présidentielle américaine.

 

Le plus intéressant n'est pas que 62% des Juifs américains soutiennent l'actuel président Barack Obama contre 30% (les chiffres sont identiques à un sondage effectué en juin 2008, alors qu'en novembre de la même année il étaient 78% contre 21%), mais le fait que ce qui motive leur vote sont les questions sociales et pas Israël. Israël figure bien bas dans leur liste de préoccupations:

 

«Une majorité de 51% ont indiqué que l'économie est la question la plus importante dans leur décision de vote, suivie par l'écart entre riches et pauvres (15%), la santé (10%) et le déficit fédéral (7%). A peine 4% des électeurs juifs ont déclaré qu'Israël est la question la primordiale lorsqu'ils décident quel candidat aura leur suffrage.»

 

Bien entendu, le rapport est beaucoup plus nuancé. On apprend également que la focalisation des Républicains sur l'attitude d'Obama envers Israël et les relations difficiles qu'il entretien avec le Premier ministre israélien ont eu peu ou pas d'impact sur les électeurs juifs. Brian Goldfarb conclut que ces résultats vont décevoir tous ceux qui n'approuvent pas la politique d'Obama envers Israël. Cependant, ils apportent un démenti cinglant à des gens comme Mearsheimer et Walt (auteurs du Israel Lobby) et au détestable Gilad Atzmon.

Dossier halal: Éric Duhaime réplique au porte-parole d’Olymel
Dépêche
Pointdebasculecanada.ca, 5 avril 2012

 Le porte-parole d’Olymel, Richard Vigneault, a écrit au Journal de Québec que si son entreprise avait le moindre doute que les montants versés pour la certification halal servent l’islam radical, elle renoncerait à cette certification. Éric Duhaime lui rappelle que les liens entre la certification halal et le terrorisme sont établis à partir de documents gouvernementaux. En conséquence, il demande à M. Vigneault de passer de la parole aux actes.

 

Le 1er avril dernier, dans son article Financer le terrorisme en achetant halal?, Éric Duhaime s’attardait au dossier du halal et posait la question suivante à Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel, une entreprise dont une partie de la production de poulets est accréditée halal par une agence affiliée à la Muslim Association of Canada (MAC):

 

Monsieur Vigneault, (…) Combien donnez-vous d’argent et à qui pour profiter de l’accréditation de l’Association des viandes Halal (AVH)? Les consommateurs ont le droit de savoir!

 

Dans son édition du 3 avril, le Journal de Québec a donné la parole à Richard Vigneault qui réplique à Éric Duhaime:

 

Je passerai rapidement sur les amalgames que vous faites avec une facilité déconcertante entre la certification halale d’un établissement d’Olymel et le financement de l’islamisme radical et le terrorisme. Si chez Olymel, nous avions le moindre soupçon et la plus infime preuve que les sommes marginales que l’établissement de Saint-Damase verse pour une certification halale se trouvaient à financer des activités terroristes, nous n’hésiterions pas une seconde à le dénoncer et à renoncer à cette certification. Vos sources sont peu crédibles.

 

Interviewé un peu plus tard par Richard Martineau dans le cadre de l’émission Franchement Martineau, Éric Duhaime a répété que les liens entre la certification halal et le financement de l’islam radical sont fondés sur des documents officiels disponibles auprès de trois agences gouvernementales: le registre des entreprises du Québec, l’Agence du revenu du Canada, le Service de l’évaluation foncière de la Ville de Montréal.

 

Registre des entreprises du Québec: Cette première source établit clairement que l’Association des viandes halal (l’agence de certification – dossier 1165515017) est dirigée par des individus liés à la Muslim Association of Canada (MAC). Dans son dossier au registre des entreprises, la MAC utilise le nom français d'Association musulmane du Canada:

 

Lazhar Aissaoui, identifié par le registre des entreprises comme un administrateur de l’agence de certification, a été trésorier de la MAC jusqu’au début 2011 selon les dossiers de l’Agence du revenu du Canada. Le dossier 1160478880 de la MAC qu’on retrouve dans le registre des entreprises du Québec identifie toujours Lazhar Aissaoui comme le trésorier de la MAC. La dernière mise à jour annuelle fournie par la MAC au registraire date du 8 juin 2010. Mohamed Hamrani, également identifié par le registre des entreprises comme un administrateur de l’agence de certification, a été un des directeurs de la MAC en 2006 selon les dossiers de l’Agence du revenu du Canada. L’actuel président de l’agence de certification, Mohamed Habib Marzougui, a signé en 2007 une pétition initiée par la MAC et d’autres de ses organisations affiliées lors de l’épisode des accommodements raisonnables.

 

Agence du revenu du Canada (ARC): Cette seconde source permet de confirmer que la MAC a transféré des fonds à IRFAN-Canada, le collecteur de fonds du Hamas au pays. Les rapports financiers soumis par la MAC à l’ARC de 2000 à 2011 sont tous facilement accessibles sur le site de l’ARC. C’est également sur le site de l’ARC qu’on retrouve l’avis de révocation du statut d’organisme de bienfaisance d’IRFAN-Canada pour avoir transféré 14,6 millions $ au Hamas.

 

Service de l’évaluation foncière de la Ville de Montréal: Cette troisième source permet de confirmer que le 371 Jean-Talon E., siège de l’Association des viandes halal, l’agence de certification, fait partie d’une propriété possédée par la Muslim Association of Canada. L’édifice concerné est situé à l’intersection des rues Jean-Talon et Saint-Denis à Montréal. Il comprend les adresses suivantes: sur Jean-Talon : 365, 369 et 371 et sur Saint-Denis: 7160 et 7164.

 

En 2009, à titre de trésorier de la MAC, Lazhar Aissaoui a demandé (et obtenu) une exemption de taxes foncières pour une partie de la propriété qui comprend le 371 Jean-Talon E. à Montréal. À l’époque, M. Aissaoui avait justifié sa demande en évoquant des activités religieuses, sociales et culturelles menées par le Centre dont il se déclara administrateur. M. Aissaoui identifia l’adresse du Centre comme étant 7160-7164 rue Saint-Denis.

 

Passer de la parole aux actes

 

Éric Duhaime a conclu son intervention à l’émission Franchement Martineau en invitant Olymel à renoncer à son association avec la Muslim Association of Canada:

 

Quand M. Vigneault, le porte-parole d’Olymel, me dit que s’ils ont le moindre doute ils vont arrêter ça, bien je l’invite aujourd’hui à passer de la parole aux actes parce qu’aujourd’hui les soupçons, on les a. Les sources … s’il considère que Revenu-Canada, le registre des entreprises du Québec et les documents officiels de la Ville de Montréal ne sont pas crédibles… Je ne sais pas ce que ça va y prendre.

Nucléaire israélien et iranien: les fausses équivalences de La Presse
David Ouellette
Davidouellette.net, 7 avril 2012

 La Presse publie aujourd’hui [7 avril 2012] un dossier sur les options nucléaires israélienne et iranienne marqué au coin de la fausse équivalence. La politique nucléaire d’Israël «irrite au plus haut point ses voisins du Moyen-Orient, dont l’Iran», nous dit-on. Si la République islamique d’Iran cherche à se doter d’une capacité nucléaire militaire, c’est parce qu’Israël posséderait lui-même un arsenal nucléaire. Pire encore, il serait «douteux, en matière d’éthique» pour Israël d’enrayer les ambitions nucléaires d’un régime voué à sa destruction.

 

Pourtant, pour «irritante» qu’elle soit, la capacité nucléaire israélienne n’a pas déclenché de prolifération nucléaire dans les pays arabes voisins. Pour la bonne raison que ses voisins ont compris la nature purement dissuasive du nucléaire israélien, développé à une époque où une coalition de pays arabes menaçait activement l’État juif d’annihilation. De cela, il n’est guère question dans le dossier de La Presse. Ni du succès de la doctrine dissuasive israélienne. Il n’y a plus eu de guerre conventionnelle entre Israël et des États arabes depuis 1973 et d’aucuns estiment que l’effet dissuasif de l’option nucléaire israélienne a contribué à la volonté égyptienne de conclure un accord de paix avec Israël, la clé de voute de la stabilité régionale.

 

On ne peut en dire autant du régime islamiste iranien qui articule ses ambitions nucléaires avec des déclarations génocidaires anti-israéliennes. De cela aussi il n’est guère question dans le dossier de La Presse. De plus, le programme nucléaire iranien ne répond à aucun impératif dissuasif. Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en Irak, aucune puissance militaire ne menace l’existence de la République islamique d’Iran. Si menace il y a aujourd’hui, elle provient des millions d’Iraniens qui étouffent sous la tyrannie des ayatollahs.

 

Si l’option nucléaire israélienne n’a pas été un facteur de prolifération dans les pays arabes, on ne peut en dire autant du programme nucléaire iranien. Il suffit de constater le nombre de pays arabes, surtout ceux de la péninsule arabique exposés aux velléités hégémoniques iraniennes, qui déclarent leur intérêt pour le développement de programmes nucléaires depuis que le programme iranien clandestin a été exposé. Les pays de la péninsule s’inquiètent du nucléaire iranien tout autant qu’Israël et redoutent que sa nucléarisation enhardisse davantage les ayatollahs à déstabiliser la région en intervenant impunément dans leurs affaires internes, comme c’est déjà le cas à Gaza, au Liban, en Syrie, en Irak, au Bahreïn, en Arabie Saoudite, au Yémen.

 

Signe de l’inquiétude croissante des Arabes, le Conseil de coopération du Golfe, qui regroupe six pays arabes dont l’Arabie Saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis, a annoncé aujourd’hui même via le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn qu’il développera un système de défense anti-missiles pour «protéger les puits de pétroles et les ports de la région de possibles attaques iraniennes». Ce qui nous amène à une autre faiblesse du dossier de La Presse: la réduction de la menace nucléaire iranienne aux seules préoccupations israéliennes. Faut-il vraiment rappeler aux auteurs du dossier que «le développement clandestin par l’Iran d’un programme nucléaire en violation du Traité de Non-Prolifération constitue une crise de sécurité internationale majeure», comme l’affirme la diplomatie française?

 

Mais le plus troublant dans ce dossier demeure la fausse équivalence établie entre l’Iran et Israël. Il peut «sembler douteux, en matière d’éthique, pour un pays qui n’est pas signataire d’un traité de jouer le rôle de justicier à l’égard d’un autre», croit savoir La Presse. Comme s’il y avait la moindre équivalence entre une impitoyable tyrannie théocratique qui assujettit les femmes, exécute les homosexuels, liquide journalistes et étudiants et réprime dans le sang son propre peuple et une démocratie libérale, aussi imparfaite soit-elle. Comme si le régime de Téhéran n’était pas fondé sur l’objectif explicite de son fondateur l’Ayatollah Khomeini d’exporter son totalitarisme islamiste et d’éradiquer l’État juif. Comme si l’Iran ne proférait pas quasi quotidiennement son ambition de détruire Israël. Et comme si l’Iran n’armait et ne finançait pas des organisations islamistes comme le Hamas, le Djihad islamique palestinien et le Hezbollah vouées à la destruction d’Israël.

 

Face à un avenir incertain dans l’ombre d’une bombe nucléaire islamiste, Israël ne «joue» pas au «justicier». Il joue son existence comme chaque jour depuis sa fondation il y a 64 ans.

Comment l’Iran se moque de tout le monde
Shraga Blum

Israel7.com, 11 avril 2012

L’Iran n’est pas seulement devenu expert dans le domaine nucléaire, il s’est aussi spécialisé dans le domaine de la boulangerie: rouler l’Occident dans la farine. Cela fait des années que Téhéran va de rounds de pourparlers en rounds de pourparlers avec les puissances occidentales, après chaque fois des mois d’hésitations calculées, sans pour autant bouger d’un iota dans son emploi du temps, et la communauté internationale se laisse entraîner dans cette énorme tromperie avec un consentement coupable.

La prochaine session des palabres qui va débuter d’ici quelques jours devait être celle de la «dernière chance» si l’on s’en tient aux déclarations américaines et européennes. Mais c’était sans compter la ruse des dirigeants musulmans de Téhéran, qui n’a d’égale que la fausse naïveté occidentale, et qui annoncent mercredi «qu’ils présenteraient une nouvelle initiative de leur cru» lors de cette rencontre. Autrement dit, un plan sorti du turban que vont devoir naturellement étudier les cinq pays concernés et l’ONU, ce qui prendra encore quelques mois, avant de retourner «une dernière-dernière-mais vraiment dernière fois» à la table de négociations. Et ainsi de suite. Entre temps, l’horloge tourne et l’Iran aura avancé encore un peu plus dans son programme.