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VOUS AVEZ DIT EXTRÊMISTES?

 

 

VIOLENCES DE BEIT SHEMESH:
QUI SONT CES ULTRA-ORTHODOXES?

Julien Bahloul

Guysen.com, 28 décembre 2011

Qui sont les ces ultra-orthodoxes responsables des violences de ces derniers jours? Les orthodoxes israéliens refusent d’être tous mis dans le même sac. Et pour cause. Le groupe à l’origine des récents évènements est affilié à la petite secte religieuse des Toldot Aharon.

 

Cette dernière est essentiellement basée à Londres, à New York, dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem et à Beit Shemesh, où se sont concentrés les récents évènements. Ils seraient une cinquantaine de familles dans cette ville.

 

Dirigée par le rabbin David Kohn, elle est née d’une scission avec le mouvement orthodoxe Shomer Emunim. Les deux groupes ont en commun un mode de vie très rigide (la mouvance Shomer Emunim proscrit par exemple le port de vêtements en laine) et la haine du sionisme. Ils estiment que l’État d’Israël dans sa forme actuelle est une aberration et une insulte à la promesse messianique d’un retour des Juifs en terre promise lorsque le Temple de Jérusalem sera rebâti.

 

A Jérusalem, les hommes mariés et non mariés revêtent la veste blanche et grise «Zebra» durant la semaine et la veste or bekishes durant le shabbat. Les membres du Toldot Aharon sont les seuls Juifs orthodoxes à avoir le même code vestimentaire pour les hommes mariés ou non mariés âgés de plus de 13 ans. La distinction entre un homme marié et un homme célibataire se fait sur la base des chaussures. Le premier revêt des souliers blancs tandis que le second en revêt des noires.

 

Les femmes mariées cachent leurs cheveux sous une perruque. La pudeur exigée est la plus sévère de tous les groupes orthodoxes juifs. Certaines femmes, pas toutes, vont jusqu’à se raser le crane. Cette tradition se retrouve essentiellement dans la communauté de Jérusalem. Par ailleurs, au sein de la capitale israélienne, les jeunes filles pas encore mariées séparent leurs cheveux en deux tresses alors que, la plupart du temps, les filles orthodoxes n’en ont qu’une en forme de queue de cheval.

 

Mais ce qui distingue surtout ces ultra-orthodoxes des orthodoxes «classiques» est leur rapport à l’État d’Israël. La majorité des orthodoxes israéliens ne sert pas dans l’armée car elle estime qu’être soldats l’empêcherait de consacrer tout son temps à Dieu et à l’étude de la Thora. En revanche, elle est respectueuse des lois de l’État d’Israël, participe à la vie politique du pays en étant représentée par divers partis. A la naissance de l’État, les dirigeants orthodoxes avaient assuré David Ben Gourion de leur soutien à son gouvernement et à la fondation du pays, en échange de la garantie qu’Israël respecterait un certain nombre de règles: pas de services publics durant le shabbat, nourriture casher dans les cantines du service public, monopole sur les questions familiales (naissance, mariage, divorce, décès) accordés aux tribunaux rabbiniques etc. Cet accord est connu sous le nom du «statu quo» entre religieux et laïcs qui permet à l’État d’exister et aux deux populations de coexister.

 

A l’inverse, les ultras ont toujours refusé la moindre entente avec les gouvernements israéliens dont ils ne reconnaissent ni la légitimité, ni l’autorité. Présents en terre d’Israël depuis des siècles, ils n’ont jamais accepté que les «sionistes» puissent leur donner des ordres. La moindre intervention policière dans l’un de leurs quartiers vire souvent à la violence. Le cas d’une décision de justice, il y à quelques années, de retirer la garde d’un enfant à une femme soupçonnée de maltraitance sur ce dernier avait provoqué des émeutes. Les ultras avaient même accusé l’hôpital d’avoir volontairement aggravé l’état de santé de l’enfant et les «sionistes» d’avoir créé un complot de toute pièce.

 

Ces ultra-orthodoxes ont une capacité à faire du bruit qui parait parfois impressionnante. Ils n’hésitent pas à croiser le fer avec la police ou avec l’armée.Ils représentent aujourd’hui un défi de crédibilité pour le gouvernement israélien qui devra assoir son autorité et rétablir le calme. Un défi d’autant plus grand que cette secte religieuse n’est qu’un groupuscule extrémiste et que les Israéliens ne comprennent pas qu’un nombre aussi peu élevé de personnes parvienne à faire autant de bruit.

PLUSIEURS MILLIERS DE PERSONNES RÉUNIES
POUR DIRE NON À L'INTÉGRISME RELIGIEUX

Mathias Ryan

Guysen.com, 28 décembre 2011

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi 27 décembre à Beit Shemesh pour dénoncer les juifs ultra-orthodoxes qui cherchent à imposer leurs codes religieux dans cette ville située à une trentaine de kilomètres de Jérusalem.

 

Des échauffourées ont éclaté lundi à Beit Shemesh, après le tollé provoqué par des images de télévision montrant une fillette de huit ans se plaignant d'avoir été insultée sur le chemin de l'école par des juifs ultra-orthodoxes.

 

Ces derniers, qui lui reprochaient une tenue «indécente», lui ont craché dessus, a-t-elle déclaré. Ces images ont alimenté la crainte d'une poussée de l'extrémisme religieux dans le pays. (…)

 

La dirigeante de l'opposition parlementaire, Tzipi Livni, qui voit dans ces évènement l'occasion de faire remonter sa côte de popularité, a participé mardi au rassemblement de Beit Shemesh et a dénoncé «les extrémistes qui veulent imposer leurs vues à tous». Des manifestants brandissaient des pancartes où on pouvait lire: «nous ne deviendrons pas un autre Téhéran», allusion aux règles strictes imposées aux Iraniens par les dirigeants de la République islamique.

 

Auparavant, le président israélien Shimon Peres avait appelé la population à se rassembler pour protester contre les pressions des juifs ultra-traditionalistes. «Nous combattons pour préserver l'âme de la nation et la nature de l'État», a-t-il déclaré dans une allocution retransmise à la télévision. «C'est une journée test. Toute la nation devra se mobiliser pour sauver la majorité des griffes d'une petite minorité, qui met à mal nos valeurs les plus sacrées», a dit Shimon Peres. «Personne n'a le droit de menacer une petite fille, une femme ou qui que ce soit, en aucune manière», a t-il ajouté. «Ils ne sont pas les seigneurs de cette terre.» (…)

 

Les autorités ont alimenté la colère des fondamentalistes hostiles à la mixité en enlevant une pancarte qui appelait les femmes à éviter certaines rues où résident les ultra-orthodoxes. Hommes et femmes sont d'ores et déjà séparés sur certaines lignes de bus de quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem.

LES OBSERVATIONS D’UN CANADIEN
SUR LES ISLAMISTES DE TUNISIE

Dépêche

Pointdebasculecanada.ca, 29 décembre 2011

Lors de la récente campagne électorale tunisienne, Rafaël Primeau-Ferraro a pris l’initiative d’aller en Tunisie pour alimenter un blogue qui rendait compte des activités ayant entouré l'élection de l'Assemblée Constituante qui a eu lieu le 23 octobre 2011.  Primeau-Ferraro mit fin à son blogue à la mi-novembre, deux semaines après la tenue des élections. Il consacra une partie de son dernier article à expliquer ce qui l’amena à changer d’opinion face au parti Ennahda durant les six semaines qu’il passa en Tunisie. Nous reproduisons cette portion de l’article intitulée Les islamistes.

 

En ce qui a trait aux islamistes, mon opinion a changé récemment. En débutant ce blogue, je tenais à rester objectif. C’est pourquoi j’ai pris la décision de mettre de côté les préjugés dont ils font l’objet et j’ai préféré, comme il sied en démocratie, leur donner le bénéfice du doute. Il m’apparaissait logique de laisser la chance au coureur. Après tout, le programme d’Ennahda semblait reposer sur une vision moderne et ouverte de l’Islam et leurs idées ne semblaient pas non plus restreindre les droits de quiconque.

 

À tout évènement, le parti islamiste était alors accusé – surtout par les médias français – de tenir un double discours. D’autres les ont carrément traité d’extrémistes et parfois même de criminels avec preuves à l’appui. C’est le cas de la Section du statut du Canada, tel que le révèle un jugement de la Cour d’appel fédérale canadienne en 2003, Zrig c. Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration.

 

On y relève notamment que la Section du statut canadien a qualifié Ennahda de «branche armée qui utilise des méthodes terroristes» et qui aurait été impliqué dans «des assassinats et des attentats à la bombe».

 

À propos du chef Rached Ghannouchi, on y affirme qu’il «est considéré par certaines sources comme étant l'un des maîtres à penser du terrorisme» et également qu’il «a fait un appel à la violence contre les États-Unis et a menacé de détruire leurs intérêts dans le monde arabe. En outre, il a demandé la destruction de l'État d'Israël.» (…)

 

Faisant fi de tous ces éléments, je me suis concentré uniquement sur les actions et les paroles du parti islamiste, le qualifiant même de «modéré» dans certains de mes articles. Les gens d’Ennahda ont demandé fréquemment à leurs détracteurs «d’attendre de voir comment ils agiront avant de les critiquer».

 

C’est ce que j’ai fait et j’ai l’impression aujourd’hui d’avoir été roulé dans la farine. J’en suis malheureusement venu à la conclusion que le parti tient effectivement un double discours et que ses dirigeants cachent à la population plusieurs des idées auxquelles ils adhèrent.

 

Les récentes déclarations de Souad Abderrahim, la députée la plus en vue d’Ennahda dont on vante le «modernisme», jumelé au silence complice des dirigeants du parti m’ont laissé vraiment perplexe. Affirmer entre autres «que les mères célibataires n’ont pas le droit d’exister» et qu’il n’y a pas de place «pour une liberté totale et intégrale en Tunisie» ne correspond pas tout à fait, à mon avis, à une vision modérée. De plus, elle avait également déclaré quelques jours auparavant qu’Ennahda «ne compte pas fermer les boîtes de nuit, mais par contre ancrera les bonnes mœurs.»

 

Ce qui m’a le plus étonné n’est pas nécessairement les déclarations de Mme Abderrahim, mais plutôt l’absence d’indignation d’une grande partie de la population. À preuve, plusieurs journaux n’ont pas jugé la nouvelle suffisamment intéressante pour la publier et mis à part la réaction outrée des jeunes sur les réseaux sociaux, on ne sentait pas vraiment l’acrimonie que ces propos auraient normalement dû soulever.

 

Peut-être est-ce le signe que de nombreux Tunisiens partagent au fond d’eux-mêmes l’opinion de la députée? C’est ce que croit Lofti Achour, producteur de cinéma connu, dans un texte…fascinant qui vaut vraiment la peine d’être lu.

 

La théorie de ce dernier, à l’effet que plusieurs personnes appuient secrètement Ennahda mais n’oseraient pas l’avouer publiquement, pourraient fort bien expliquer les résultats du parti islamique aux dernières élections. (…)

LE RÉSEAU PRO-CHARIA DE
L’IMAM FOUDIL SELMOUNE DE BROSSARD

Dépêche

Pointdebasculecanada.ca, 28 décembre 2011

Le 22 novembre 2011, l’imam Foudil Selmoune expliquait à Radio-Canada que les lois de Dieu ordonnent l’amputation et la lapidation et qu’«on peut pas les changer». Face aux réactions négatives dans Le Devoir (5 décembre) et à l’Assemblée nationale du Québec (8 décembre), plusieurs leaders des Frères Musulmans ont joué les victimes. Ils se sont plaints que les propos de l’imam auraient été «manipulés» pour «cibler la communauté musulmane». Ils prétendent que Selmoune voulait simplement «définir» la charia sans la «préconiser». Des larmes de crocodiles.

 

Apparemment, les «lois de Dieu» que Selmoune a décrites comme immuables le 22 novembre seraient devenues modifiables et optionnelles en l’espace de quelques jours. Dans ce qui suit, Point de Bascule démontre la mauvaise foi des islamistes en rappelant l’association du Centre islamique de Brossard avec plusieurs organisations qui ne se limitent pas à «définir» la charia mais qui la «préconisent» bel et bien, ici et maintenant:

 

1. Conseil musulman de Montréal (Montreal Muslim Council): Son leader, Salam Elmenyawi, fut l’instigateur d’un projet de conseil de la charia au Québec en 2004;

 

2. IRFAN-Canada: L’organisation était un collecteur de fonds du Hamas au Canada au moins jusqu’à la révocation récente de son statut d’organisme de bienfaisance. De l’aveu des dirigeants du Hamas, l’organisation vise non seulement l’élimination d’Israël mais également l’islamisation (charia-isation) des sociétés occidentales;

 

3. Islamic Online University (IOU): Le Centre de Brossard prête ses locaux à cette organisation qui dispense des cours de charia via internet pour que les étudiants y passent leurs examens. Le fondateur d’IOU, Bilal Philips, s’est déclaré favorable à l’exécution des homosexuels, à la lapidation et aux autres peines barbares commandées par la charia;

 

4. Forum musulman canadien: Dans le passé, le FMC a représenté différentes organisations des Frères Musulmans, dont la Muslim Association of Canada (MAC). La MAC déclare appliquer l'islam tel qu'il a été compris par le fondateur des Frères Musulmans, Hassan al-Banna. De son propre aveu, al-Banna promouvait la modification des lois pour les rendre conformes à la charia.

 

Les différentes appellations du Centre islamique de Brossard

 

Le Centre islamique administré par l’imam Foudil Selmoune est identifié sous diverses appellations dans les médias et les documents officiels:

 

  • Islamic Community Centre(ICC);
  • Centre communautaire islamique de la Rive-Sud;
  • Centre L'Markaz-e-Islam de la rive sud / Markaz-e-Islam Center of the south shore; C’est l’appellation utilisée dans les documents de l’Agence de revenu du Canada (ARC). Le mot markaz signifie centre en arabe. Le centre islamique de Brossard bénéficie du statut d’organisme de bienfaisance auprès des autorités canadiennes;
  • Centre culturel musulman de Brossard(CCMB): cf. Le Courrier du Sud (24 septembre 2010). (…)

 

Conseil musulman de Montréal (CMM)

 

À son habitude, Salam Elmenyawi du CMM a joué la carte de la victime. Dans son communiqué du 19 décembre, il a déclaré que le reportage de Radio-Canada venait «cibler la communauté musulmane», qu’il constituait un «profilage» (?) anti-musulman, etc. Elmenyawi n’a évidemment aucune crédibilité pour nous rassurer sur l’absence d’intention des islamistes d’instaurer la charia au Canada puisqu’il fut lui-même, en 2004, l’instigateur d’un projet de tribunal islamique au Québec.

 

À l’époque, Elmenyawi avait indiqué au Devoir (11 décembre 2004) que le tribunal islamique qu’il cherchait à implanter porterait le nom de «Conseil de la charia». Toujours selon Le Devoir, une quarantaine de mosquées et d'organisations musulmanes appuyaient le projet. L’article identifia le cheik Abderrahman Ibrahim, un gradué de l’Université de Médine (Arabie saoudite), comme un autre des responsables du projet d’implantation de la charia au Québec.

 

Avant le vote unanime de l’Assemblée nationale du Québec contre l’introduction des tribunaux islamiques au Canada (26 mars 2005), la députée Fatima Houda-Pepin avait rappelé que la Ligue islamique mondiale d’Arabie saoudite (LIM – Muslim World League) était derrière le projet d’introduction de la charia en Amérique du Nord. Dès 1991, la LIM finança une rencontre d’imams des États-Unis et du Canada à Washington sous le thème Élaborer des stratégies pour introduire la charia au Canada et aux États-Unis. (cf. Journal des débats de l’Assemblée nationale)

 

Elmenyawi mentionna également au Devoir que Youssef Qaradawi (Al Kardaoui) faisait partie des experts de l’islam que son Conseil de la charia envisageait consulter dans le futur.

 

À titre indicatif, voici des avis récents rendus par Youssef Qaradawi sur des sujets divers:

 

  • Il endosse le meurtre des musulmans qui quittent l'islam (cf. Archives PdeB);
  • Il justifie les mutilations génitales féminines (cf. Archives PdeB);
  • Il justifie le meurtre des homosexuels (cf. Archives PdeB);
  • Il soutient que Hitler avait été envoyé par Allah pour punir les juifs (cf. Archives PdeB);
  • Il déclare légitime de recourir à la force «à toutes les fois que c'est possible» pour faire appliquer les principes de l'islam (cf. «changing wrong by force whenever possible» – Priorities of the Islamic Movement, chapitre 4);
  • Il encourage la formation de «ghettos musulmans» aux États-Unis, au Canada, en Australie et ailleurs en Occident (Priorities of the Islamic Movement, chapitre 4);
  • Il promeut la conquête de l’Occident par les musulmans (cf. MEMRI).

 

IRFAN-Canada, le collecteur de fonds du Hamas

 

IRFAN-Canadaavait le statut d’organisme de bienfaisance jusqu’à ce que l’Agence de revenu du Canada (ARC) ne le lui retire en 2011. L’ARC justifia sa décision en faisant valoir qu’IRFAN servait de collecteur de fonds du Hamas au Canada. Le Hamas est inscrit sur le registre des entités terroristes maintenu par le gouvernement canadien depuis 2002. Seulement pour la période allant de 2005 à la fin de 2009, IRFAN a transféré 14,6 millions $ au Hamas. (…)

 

Forum musulman canadien

 

Le Forum musulman canadien (FMC), qui signa la lettre de protestation en faveur de l’imam Selmoune de Brossard, agit comme un regroupement d’organisations associées aux Frères Musulmans au Canada. Dans un message de félicitation adressé à Gilles Duceppe en 2010, le FMC se présentait comme le porte-parole de neuf organisations, dont l’ICC (Brossard) et la Muslim Association of Canada (MAC). (…)

 

Un des membres actuels du conseil de direction du Forum musulman canadien se dénomme Bilal Hamideh. Il a été président de la Muslim Students’ Association (MSA) à l’Université Concordia de 2000 à 2005. La MSA fut l’une des toutes premières organisations mises sur pied par les Frères Musulmans en Amérique du Nord. (cf. Discover The Networks)

 

La MSA a été décrite dans un rapport de la police de New York de 2007 (cf. p. 68 – Archives PdeB) comme un «incubateur» de radicalisme. (…)

 

En dépit de l’appui qu’il accorde à Youssef Qaradawi, Salam Elmenyawi est accrédité par l’Université Concordia comme l’aumônier des étudiants musulmans. La MSA de Concordia l’invite fréquemment à présenter des conférences. Dans une invitation à venir écouter Elmenyawi en avril 2010, la MSA de Concordia le présenta comme un sheikh et non simplement comme un brother (frère), ce qui témoigne du prestige dont il jouit chez les Frères Musulmans.

 

Islamic Online University

 

Bilal Philips est né en Jamaïque et a grandi au Canada avant de se convertir à l’islam en 1972. Après avoir enseigné la charia au Moyen-Orient, il a mis sur pied un programme d’études islamiques via internet.

 

Au Canada, plusieurs centres dirigés par les Frères Musulmans facilitent la propagation des idées de Philips en accueillant ses étudiants au moment où ils doivent passer leurs examens. Le Centre de Foudil Selmoune à Brossard est l’un de ceux-là.

 

Le 3 juillet 2011, le Globe & Mail (archivé sur JihadWatch) rapporta que Bilal Philips avait été expulsé d’Allemagne après avoir ouvertement justifié le meurtre des homosexuels.

 

En 2007 le site australien 9News (archivé sur JihadWatch) rapporta que, selon le site personnel de Philips, les amputations des mains, les décapitations, les lapidations et les séances publiques de flagellation prévues par la charia devaient se dérouler exclusivement les vendredis. Philips encourage également le mariage des fillettes pré-pubères.

 

Le 15 février 2011, le National Post (archivé sur JihadWatch) rapporta que Philips, lui-même un ancien musicien, plaidait pour l’interdiction des instruments de musique à vent et à cordes. Selon lui, c’est parce que leur musique peut apporter un réconfort aux hommes et les éloigner d’Allah qu’ils doivent être interdits. Selon les principes de charia défendus par Philips, seul le tambour est permis dans certaines circonstances.

LA VICTOIRE DU DROIT À L’OBSCURANTISME
Jean-François Lisée

Lactualite.com, 21 décembre 2011

Parlons sérieusement. Lorsqu’un parent musulman demande à une maternelle le droit d’imposer à sa fillette un «écouteur anti-bruit» pour la protéger contre… la musique, il fait preuve d’obscurantisme. Mais lorsque la maternelle accepte, elle fait beaucoup plus. Elle reconnaît au parent le droit à l’obscurantisme et le droit de l’imposer à son enfant, dans une institution publique!

 

Comme ce sont les éducateurs de maternelle qui mettent et enlèvent l’écouteur à la fillette pendant les moments, nombreux, où la satanée musique est entendue, le service public devient, non seulement le spectateur inactif, non seulement le complice conscient, mais le servile exécutant de l’obscurantisme.

 

Le cas, certes, est exceptionnel. C’est la réponse de la société québécoise qui fait problème. Jusqu’à la ministre Line Beauchamp qui affirme que ce n’est «pas un compromis au programme québécois des études». Elle a raison. Ce n’est pas un compromis. C’est une reddition.

 

On nous explique que cet «accommodement» n’est appliqué que pour un an. Qu’il vise l’intégration de l’enfant. C’est faux. L’accommodement vise strictement à se plier aux volontés obscurantistes du parent. Et maintenant qu’il a eu gain de cause, et maintenant que même la ministre trouve cela acceptable, pourquoi ne pourra-t-il pas, demain, réclamer l’écouteur anti-bruit en première année, et en deuxième, et en troisième?

L’État québécois, du haut en bas, n’a établi autour de ce cas ahurissant aucun principe qui puisse indiquer aux obscurantistes que leurs demandes sont irrecevables.

 

Savoir où tracer la ligne

 

L’argument invoqué est toujours le même: notre objectif est le bien de la fillette. Puisque la maternelle cinq ans n’est pas obligatoire, le refus de l’accommodement pourrait conduire le parent à soustraire sa fille à l’école publique. Elle serait donc dans l’obscurantisme à temps plein. Ma réponse à moi est autre: presque 100% des enfants vont désormais à la maternelle cinq ans. Cette année de préparation fait désormais partie d’introduction aux savoirs de base. Il est temps de rendre cette année obligatoire.

 

Bien. Mais alors, nous dit-on, les obscurantistes enverront leurs enfants dans les écoles religieuses dont plusieurs, au Québec, sont subventionnées. Ma réponse à moi: programmer l’élimination graduelle des subventions publiques aux écoles religieuses. Pour les écoles religieuses non-subventionnées, n’accréditer que celles qui appliquent le programme d’études général, incluant évidemment sport et musique.

 

Le but de la société québécoise n’est pas d’aménager des lieux où les obscurantistes pourront à loisir endoctriner leurs enfants. Le but de la société québécoise doit être de permettre à chacun des enfants québécois de s’épanouir pleinement, au contact de la connaissance, de la science et de la culture. Si, devenus adultes consentants, ils souhaitent choisir l’obscurantisme, ce sera leur droit.

 

Société et obscurantisme

 

Je me répète mais j’estime que tous le débat récent sur l’intégration et les accommodements évacue une question essentielle: le fait qu’il est légitime, pour une société, d’indiquer son refus des comportements obscurantistes, du moins dans l’espace public.

 

Chacun a des droits, bien évidemment, y compris la liberté de conscience, même lorsque cette liberté signifie l’adhésion à une variante de la foi qu’on peut qualifier d’orthodoxe. Dans ces cas, il s’agit en quelque sorte du droit de vivre en marge des valeurs plus généralement acceptées – notamment l’égalité des sexes et la volonté de vivre ensemble.

 

La société doit, c’est certain, admettre et protéger ces choix religieux orthodoxes. Elle n’est cependant pas tenue de s’y montrer favorable ou d’agir pour qu’un mode de vie marginal puisse se déployer dans l’espace public sans entraîner nombre d’inconvénients à ses adhérents. C’est ma conviction que, règle générale, il appartient aux citoyens québécois qui choisissent des croyances ou un comportement marginal de s’accommoder des pratiques communes, plutôt que l’inverse.

 

J’estime de plus qu’il est tout à fait légitime que la société québécoise prenne consciemment la décision d’envoyer le signal que ces choix de vie ne sont pas ceux qu’elle valorise, notamment lorsqu’ils impliquent une vision inégale des sexes ou le refus de l’interaction avec les autres membres de la société, comme dans le cas de la fillette privée de musique.

 

Voilà ce à quoi servirait une Charte de la laïcité: à ce que la société québécoise dise clairement et lisiblement, à elle-même d’abord et à tous ceux qui veulent se joindre à elle ensuite, les principes qu’elle compte appliquer….

 

Charest: une responsabilité écrasante

 

Dans cette affaire, comme dans celle de la décision de fournir des hijabs aux musulmanes gardiennes de prison, la responsabilité du gouvernement Charest est écrasante. Le Rapport Bouchard-Taylor, à mon avis très décevant, proposait au moins d’interdire aux juges, policiers et gardiens de prison de porter des signes religieux ostentatoires. Le gouvernement n’a même pas légiféré sur ce point, consensuel entre tous, ce qui mène au précédent maintenant créé pour les geôlières. Pourquoi pas, demain, les policières ?

 

Sur ce point, comme sur la langue en général, Jean Charest aura fait perdre au moins huit ans au Québec. Espérons que cette question sera aussi posée, le jour où, enfin, l’électorat lui donnera son dernier bulletin de notes.