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VICTOIRE DE ROHANI EN IRAN : CADEAU EMPOISONNÉ POUR L’OCCIDENT

 

 

 

 

 

 

La victoire de Rohani :

un cadeau empoisonné pour l’Occident

Freddy Eytan

Le CAPE de Jérusalem, 6 juin 2013

 

La victoire imprévue d’Hassan Rohani et la participation massive des Iraniens aux élections prouvent que les sanctions occidentales imposées à Téhéran sont douloureuses et efficaces. Le peuple iranien souhaite vraiment le changement et en a ras le bol de l’isolement de son pays dans l’arène internationale. Il a trop souffert de la politique désastreuse menée ces dernières années par le grotesque et l’extravagant illuminé Mahmoud Ahmadinejad.

 

En évitant de descendre dans la rue et d’affronter les Gardiens de la Révolution, les Iraniens pensent par un vote sanction populaire réussir à faire sortir leur pays de la quarantaine et pouvoir renouveler le dialogue régional et international. Cette approche naïve mais sincère est en fait l’idée manigancée par le Guide spirituel, l’Ayatollah Khamenei. Pour apaiser la grogne et la contestation, il a choisi avec la ruse et la manipulation un nouveau président qui aux yeux du monde arabe et des Occidentaux représente le compromis et une certaine modération par rapport à son prédécesseur et ses concurrents malheureux. Qu’on ne se trompe pas, Rohani fait partie de la classe religieuse chiite et agit en connivence avec le chef de l’Etat.

 

La communauté internationale, notamment la France et les Etats-Unis, s’est empressée de réagir favorablement à l’élection de Rohani comme s’il s’agissait de résultats démocratiques. Leurs réactions hâtives rappellent celles prononcées juste après les révoltes intervenues en Tunisie, en Libye et en Egypte, les qualifiants naïvement de « Printemps arabe »…

 

Certes, le peuple iranien n’est pas notre ennemi. L’Iran bouge lentement et dans le bon sens, et nous devons encourager la jeune génération, celle de Facebook et de Twitter, à intervenir dans les décisions gouvernementales et rejeter toute tentative des ayatollahs de plonger l’Iran dans l’obscurantisme du Moyen-âge, mais à l’évidence, l’Iran demeure une théocratie chiite et son souverain sera toujours considéré comme le représentant d’Allah jusqu’au jour où un véritable changement démocratique écartera définitivement tous les ayatollahs. D’ici là, vigilance et prudence obligent. Rohani sera jugé par ses actes, par ses réformes et son pouvoir de résister au guide spirituel. Un désaveu pourra également renforcer le désespoir, la frustration et la contestation dans les rues. 

 

Devant le cadeau empoisonné qu’offre ayatollah Khamenei à l’Occident, notre tâche se complique et nous laisse quasiment seuls dans notre combat existentiel. Nous devons poursuivre sans relâche notre objectif d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, et prouver au monde que l’Iran change peut-être de tactique en cherchant à abolir les sanctions et à sortir de son isolement, mais son idéologie et son but n’ont pas changé de cap. La stratégie des ayatollahs demeure la même, à savoir « faire flotter l’étendard chiite au Moyen-Orient et libérer toute la Palestine des occupants sionistes par tous les moyens ». L’intervention iranienne en Syrie et la participation du Hezbollah aux côtés du régime d’Assad pour libérer ensuite le Golan et la Palestine font partie de cette stratégie chiite. Les Etats-Unis et l’Europe peuvent donner une certaine chance à Rohani mais doivent à tout prix éviter de tomber dans le piège tendu par des ayatollahs aux commandes depuis 1979. 

 

 

Israël-Autorité palestinienne :

des relations économiques en quête d’horizon politique

Nathalie Hamou

juif.org, 20 juin 2013

 

Avec le gel des négociations, le concept de «paix économique» a fait long feu. Très dépendante d’Israël, l’économie palestinienne peine à trouver des débouchés. Mais le secteur privé explore de nouvelles voies.

 

Ramallah et Jérusalem parviendront-elles à relancer leur coopération économique ? Tel est du moins le souhait des ministres des finances israélien et palestinien qui ont annoncé dimanche 16 juin leur intention de renforcer leurs liens. A l’issue d’une rencontre organisée après plusieurs mois d’interruption, Yaïr Lapid et son homologue de l’Autorité Palestinienne, Shoukri Bishara, ont décidé de rétablir les réunions régulières sur des questions techniques « comme les points de passage (…), la fourniture de carburants, d’électricité et d’eau aux Palestiniens et le financement des soins des Palestiniens dans les hôpitaux israéliens », selon un communiqué palestinien.

 

Un changement de climat qui n’augure pas forcément d’un réchauffement majeur… Signe des temps, lors de la conférence annuelle « Facing Tomorrow » qui se tient du 18 au 20 juin à Jérusalem à l’initiative du Président de l’Etat hébreu, Shimon Pérès, fervent défenseur d’une solution à deux Etats, un seul intervenant palestinien a figuré au menu des deux journées. A en croire les organisateurs de la manifestation à laquelle assistent Bill Clinton ou encore Tony Blair, des invitations ont bien été envoyées côté palestinien, mais les intéressés ont décliné. « A l’heure où le processus de paix reste au point mort (Ndlr : depuis septembre 2009), aucune figure palestinienne ne peut prendre le risque de cautionner un semblant de normalisation avec Israël », souffle un observateur.

 

D’évidence, les relations économiques entre Israël et les Territoires palestiniennes, régies par les Accords de Paris (1994), n’ont jamais cessé d’exister. Au point que l’économie palestinienne reste largement dépendante d’Israël. L’an dernier, les exportations de produits industriels et agricoles de l’Autorité palestinienne (Cisjordanie) vers l’Etat hébreu, se sont élevées à 550 millions de dollars, soit environ 76% du total. Tandis que les exportations israéliennes (secteurs industriels et agricoles, hors marchandises en simple transit) ont atteint 670 millions de dollars, sur un total supérieur à 40 milliards. « Simplement, il existe une tension entre la sphère publique et privée », note Dan Catarivas, responsable des relations internationales au sein de l’Association des Industriels israéliens.

 

De fait, le politique interfère régulièrement sur les échanges entre les deux entités. Ces derniers mois, l’Autorité palestinienne a ainsi connu une crise budgétaire, en raison du désengagement des bailleurs de fonds de certains pays arabes ; mais aussi, du fait de la saisie pendant quatre mois des taxes collectées par Israël pour le compte des Palestiniens, suite à la décision de Mahmoud Abbas de demander un statut d’Etat observateur aux Nations-Unies.

 

Plus généralement, c’est le concept de « paix économique », cher au premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui semble avoir fait long feu. « Depuis quatre ans, les officiels palestiniens font valoir que la paix économique risque de se substituer à la paix politique et l’ont rejetée, poursuit Dan Catarivas. Ils essayent de réduire les relations économiques avec Israël car à leurs yeux, ces échanges ne font que cautionner l’occupation israélienne. Mais dans les faits, ce raisonnement ne tient pas. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas explorer des voies pour réduire la dépendance de l’économie palestinienne à l’égard d’Israël ».

 

A en croire ce responsable, les Palestiniens n’ont pour l’heure pas d’autre choix que d’acheter des produits de base israéliens. Pour autant, Israël fournit du travail à plus de 30.000 Palestiniens dans ses zones industrielles, et à 22.500 autres dans ses implantations situées au-delà de la ligne verte, à un niveau salaire trois à quatre fois plus élevé que celui versé par les employeurs palestiniens.

 

Reste que la rhétorique est bel et bien en train de changer. Lors du dernier Forum économique mondial, qui s’est tenu fin mai sur la rive jordanienne de la mer morte, quelque 300 hommes d’affaires palestiniens et israéliens, à l’origine de l’initiative « Briser l’impasse », ont appelé leurs dirigeants à se rassoir à la table des négociations : un préalable selon eux à la relance de la coopération économique. Ce qui n’empêche pas nombre d’opérateurs du secteur privé de travailler ensemble malgré le « Mur » qui les sépare. A l’image de l’entreprise israélienne Mellanox, qui fait de l’outsourcing avec des programmeurs de Ramallah. Selon PITA, qui chapeaute le secteur high tech palestinien, pas moins de 500 ingénieurs de Cisjordanie, s’inscrivent déjà dans ce schéma…

 

 

Un Etat palestinien serait en

contradiction avec la Charte de l’ONU

Zvi Tenney

terredisrael.com, 19 juin 2013

 

Voici quelques remarques à ce sujet émises dernièrement par des juristes en droit international qui pourraient surprendre nombreux….Certes cela ne peut changer la perception courante et actuelle du conflit, mais il n’empêche qu’il est intéressant d’avoir ces remarques en mémoire, surtout quand on pense à la solution de ce conflit en coopération avec la Jordanie.

 

L’ONU a dans sa Charte la résolution 80 qui, lorsqu’elle a été votée, a officieusement été appelée la « clause du peuple juif « , car elle conserve intacts tous les droits accordés aux Juifs par le Mandat britannique pour la Palestine, même après l’expiration dudit mandat les 14/ 15 mai 1948.

 

Cette résolution 80 de la charte de l’ONU a force de traité international car la Charte des Nations Unies dans son entier est un traité international. Appliquée à la Palestine, elle explique que les droits qui ont été donnés aux Juifs sur la terre d’Israël ne peuvent être modifiés d’aucune façon, sauf si un accord de tutelle entre les États ou parties concernés avait transformé le mandat en tutelle, ou en « territoire sous tutelle ».

 

En vertu du chapitre 12 de la même Charte, l’ONU avait une fenêtre de trois ans pour cela, entre le 24 Octobre 1945 (date où la Charte des Nations Unies est entrée en vigueur) et le 14/15 mai 1948, date où le mandat a expiré, et l’Etat d’Israël a été proclamé.

Comme aucun accord de ce type n’a été passé pendant ces trois ans, les droits donnés aux juifs sous le mandat britannique sur la Palestine ont force exécutoire, et l’ONU se doit de respecter cet article 80 qu’elle n’est d’ailleurs pas autorisée à modifier.

 

L’ONU n’a donc aucune possibilité de transférer ou de reconnaître le transfert d’une partie des droits qui ont été donnés au peuple juif sur la Palestine à une entité non juive, en l’occurrence, à l’Autorité palestinienne. Tous les juristes de l’ONU le savent, et buttent sur cette résolution incontournable.

 

Parmi les plus importants des droits conférés aux Juifs, figurent ceux de l’article 6 du Mandat qui reconnaît aux Juifs le droit « d’immigrer librement sur la terre d’Israël et d’y établir des colonies de peuplement « . Ce droit, comme mentionné plus haut, est totalement protégé par l’article 80 de la Charte des Nations Unies .Il faut rappeler que sous le mandat britannique, toute la Palestine était réservée à l’établissement du foyer national juif et du futur Etat juif indépendant, en confirmation de ce qui avait été décidé lors de la conférence de paix de San Remo en Avril 1920.

 

Aucune partie de la Palestine concernée par le mandat britannique (soit la Cisjordanie, après la création de la Jordanie), n’a été donnée pour la création d’un Etat arabe.

 

Les droits des Arabes à l’autodétermination leur ont été accordés ailleurs : en Syrie, en Irak, en Arabie, en Egypte, en Afrique du Nord et en Jordanie (après l’accord spécial modifiant le dit Mandat comme mentionné plus haut). Il a été créé en conséquence 21 Etats arabes sur un immense territoire qui va du golfe Persique à l’océan Atlantique.

 

Il n’y a donc aucune possibilité de créer un Etat arabe supplémentaire indépendant en Cisjordanie, territoires de la Palestine mandataire réservée à l’autodétermination juive.

 

Créer un tel état sur ces terres attribuées aux juifs serait illégal en vertu de l’article 80 de la Charte des Nations Unies, et outrepasserait l’autorité juridique que l’ONU s’est elle-même donnée…Et cela, en dépit de sa tendance et de sa volonté politique !

LA BARBARIE ISLAMIQUE S’AFFRONTE À LA LÉTHARGIE DE L’ONU

 

LA BARBARIE ISLAMIQUE

Guy Millière

dreuz.info, 19 juin 2012

Voici quelque temps, le gouvernement israélien a décidé de restituer les corps d’assassins à l’Autorité Palestinienne et au Hamas. Comme on pouvait s’y attendre, cette restitution a été prise comme un signe de victoire par les populations arabes sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne comme par les populations arabes sous le contrôle du Hamas.

Le contraire eut été très étonnant. A chaque fois que des Israéliens sont assassinés, ces gens font la fête par milliers. Les rues de Ramallah et de Gaza City portent des noms d’assassins, qui sont considérés comme des héros ou, plus précisément, des « martyrs ». Les télévisions « palestiniennes » financées avec l’argent occidental sont des organes d’incitation à la haine antisémite et au meurtre. Les manuels scolaires « palestiniens » sont des instruments servant aux mêmes fins.

S’il fallait une preuve supplémentaire qu’aucune paix n’est possible avec le Hamas, bien sûr, mais aussi avec l’Autorité Palestinienne, on en disposerait ainsi. Mais faut-il une preuve supplémentaire ? Les preuves sont abondantes, et absolument accablantes, depuis longtemps. Ceux qui ne veulent pas voir sont des aveugles volontaires dont je ne peux m’empêcher de penser qu’ils sont imprégnés d’intentions aussi vomitives qu’inavouables.

Les gens qu’on nomme « Palestiniens » ne pourraient vivre en paix avec leurs voisins qu’après de nombreuses années passées en désintoxication, et ces années passées en désintoxication devraient être un préalable à toute forme de geste ou de déclaration. La désintoxication ne pourrait venir, bien sûr, qu’après un changement de régime à Gaza et dans l’Autorité Palestinienne.

Ce changement de régime devrait commencer par l’abolition du Hamastan de Gaza et par l’abolition de l’Autorité Palestinienne. Ces abolitions devront venir. Elles viendront tôt ou tard. Ceux qui pensent que des accords sont possibles avec le Hamas ou avec l’Autorité Palestinienne me font penser à ceux qui pensaient en 1938 qu’on pouvait s’entendre en Europe avec Adolf Hitler. Et ce n’est sans doute pas un hasard si Mein Kampf est un best seller dans une bonne part du monde arabe. Fort heureusement, le Hamas et l’Autorité palestinienne ont des moyens très réduits par rapport à ceux dont disposait Hitler.

Un changement de régime à Gaza et dans les territoires de Judée-Samarie occupés par l’Autorité Palestinienne serait un commencement en direction du règlement de la guerre musulmane contre Israël. Mais le règlement ne pourra venir tant qu’existera encore le mal, plus vaste, qui touche toutes les terres d’islam et une large part de la « communauté des croyants ». Et ce mal doit être regardé en face. Il existe une barbarie islamique qui touche depuis des années l’ensemble du monde musulman, et la barbarie « palestinienne » fait partie intégrante de la barbarie islamique. Les exemples de barbarie islamique sont trop nombreux pour qu’on les énumère. Il y faudrait des pages et des pages.

Faut-il rappeler les crimes innommables commis pendant des années par le GIA et le FIS en Algérie ? Faut-il évoquer les innombrables attentats commis par Al Qaida, qui ne se limitent pas aux attaques du 11 septembre 2001 ? Faut-il rappeler les actes abjects commis en Irak sous la dictature de Saddam Hussein et après la chute de celui-ci ? Faut-il dire, n’en déplaise à Bernard Henri Levy, que la Libye est passée des mains d’un dictateur brutal aux mains de hordes et de milices qui ont assassiné par centaines des noirs africains et mis en circulation des armes qui se retrouvent dans le Sinaï ? Faut-il décrire les meurtres commis par les talibans en Afghanistan, par des islamistes pakistanais en Inde ? Faut-il parler des scènes d’égorgements filmés en vidéo qui ont jalonnée la dernière décennie ? Faut-il parler des attentats multiples déjoués par les services de sécurité du monde entier ? Les attentats non islamiques sont des exceptions qui confirment la règle.

Je persiste à dire que tous les musulmans ne sont pas coupables, mais je dois rappeler que les coupables de la barbarie islamique sont musulmans. Et je dois dire que la barbarie islamique est le danger principal aujourd’hui sur la terre. La barbarie islamique passera et s’éteindra. Elle est stérile et destructrice, et ne peut donc que passer et s’éteindre. Ce qui importe est de veiller à ce qu’elle fasse le moins de dégâts possible avant qu’elle passe et s’éteigne. Ce qui importe est de ne se faire aucune illusion à son égard. Strictement aucune illusion. Ce qui importe est de l’appeler par son nom et de ne pas avoir à son égard des attitudes à géométrie variable, en considérant, par exemple, que la barbarie « palestinienne » peut être dissociée du reste de la barbarie islamique.

Nous sommes dans une guerre planétaire et multiforme. Nous devons la voir comme telle. Et, puisque c’est à l’ordre du jour, nous devons voir que ce qui se passe présentement en Syrie relève aussi de la barbarie islamique. J’avais écrit au début de l’intervention contre le régime Kadhafi en Libye que le choix serait entre la peste et le choléra. Le choléra Kadhafi a perdu, la peste a gagné.

Je dis qu’en Syrie, le choix est à nouveau entre la peste et le choléra. Le moment où des modérés auraient pu émerger est passé. Le choix est désormais entre le régime Assad et ses meurtres de masse, et un pouvoir passant aux mains des Frères musulmans, et des meurtres de masse. C’est abominable.

C’est la barbarie islamique qui est abominable. 

LA CRISE SYRIENNE

ET LE RÔLE INSIGNIFIANT DE L’ONU

Dore Gold

Le Cape de Jérusalem, 19 juin 2012

La crise syrienne est la troisième preuve d’une série d’échecs de l’ONU. Durant ces deux dernières décennies, l’Organisation des Nations-Unies a  échoué dans ses tentatives  d’empêcher des massacres. Son incapacité flagrante d’intervenir au moment voulu dans les crises au Rwanda et en Bosnie. De nombreux éditorialistes évoquent même la faillite de l’organisation en raison de son cuisant échec d’accomplir l’un de ces principaux objectifs pour lesquels elle a été créée.

En 1994, le commandant des forces onusiennes au Rwanda, le général Romeo Delair, a expédié un message urgent au siège de l’ONU à New York. S’appuyant sur des informations crédibles, il alarmait que les dirigeants du pays, originaires de la tribu Hutu, avaient l’intention de commettre des massacres contre les Tutsis. Kofi Annan, alors chargé des Forces de la paix au sein de l’ONU, avait répondu en priant le commandant Delair de s’abstenir de toute ingérence. .. Et quelques mois plus tard…plus de 800 mille Rwandais sont massacrés!

L’échec de l’ONU se poursuivra  avec le déclenchement de la guerre en Bosnie, le cœur de l’Europe. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait créé « une zone de sécurité » située dans les environs de la ville Srebrenica afin de garantir la sécurité aux musulmans bosniaques. Le Commandant local des Forces de l’ONU a assuré sa protection en ces termes: « croyez-moi, je vous promets de ne plus jamais vous quitter ». .. Et quelques temps plus tard, en juillet 1995, l’armée serbe- bosniaque  attaque l’enclave de Srebrenica et massacre plus de 8000 musulmans!

 Ainsi, à chaque fois que l’ONU est mise à l’épreuve, à chaque fois que ses forces pour le maintien de la paix dans le monde souhaitent protéger des populations en détresse elles échouent dans leur mission. Aujourd’hui, l’ONU affronte une « nouvelle Srebrenica »… Depuis mars 2011, une guerre civile se déchaîne en Syrie, mais en raison du veto imposé par les Russes et par les Chinois ce n’est qu’en mai 2012, seulement après  le massacre d’une centaine de civils dont de nombreux enfants à Houla, que le Conseil de Sécurité  condamne le régime d’Assad sans toutefois prendre des mesures adéquates.

 En février 2012, une nouvelle initiative de l’ONU dirigée par l’ancien Secrétaire général Kofi Annan et mandatée par la Ligue arabe échoue également et embarrasse fortement l’Occident. Dans ce contexte, il est clair que la raison principale de tous ces échecs   découle des intérêts des pays membres de l’organisation. L’ONU refuse d’adopter la morale et de condamner vigoureusement les responsables des massacres ou prendre contre eux des mesures efficaces.

 Le 28 mai dernier, le Wall Street Journal a même qualifié l’ONU « de collaborateur » pour avoir permis le massacre de Houla, et celui de Srebrenica en 1995. C’est sans doute une sévère critique, mais elle est justifiée par un argument essentiel que nous ne pouvons ignorer : l’ONU est une organisation dont les attentes de protection au sein des populations en détresse et regardant la mort en face sont quasiment immenses. En réalité, la déception est si profonde que l’impuissance de l’organisation onusienne.

 Si l’ONU est incapable de prendre des décisions pour éviter des génocides, et ne distingue pas entre assassins et victimes, est-il juste et possible  de lui attribuer  sérieusement un poids moral quelconque à ces déclarations au sujet du conflit israélo-palestinien ? La crise syrienne n’est-elle pas éloquente? N’illustre-t-elle pas la perte d’autorité morale qu’avait jadis l’ONU? Israël doit réaliser la situation néfaste et répliquer dans ce sens à chaque fois qu’un fonctionnaire officiel de cette organisation ose nous condamner injustement. 

LA MALTRAITANCE SYMBOLIQUE DES JUIFS

Shmuel Trigano

upjf.org, 17 juin 2012

L’antisémitisme ne se résume pas aux actes violents qui peuvent frapper les Juifs dans la rue mais il comprend aussi un climat général d’inimitié et d’exécration touchant plus que les Juifs et l’État d’Israël : le judaïsme et la culture juive, l’identité juive elle même. De l’inimitié, on est en règle générale au courant, sauf les inconscients qui sont nombreux, y compris parmi les Juifs qui se sentent par principe coupables ou ont un compte à régler avec leurs origines. La scène médiatique est la scène de cette inimitié. Elle se manifeste par une hostilité de principe à Israël ou à la communauté juive quand elle sort de son image de « victimes de la Shoah » (on aura remarqué qu’elle est ou bien « martyre » ou bien « agressive » : ce sont ses 2 images autorisées).

Le scénario d’interprétation des événements du Moyen Orient est prêt avant même que les événements n’arrivent. Ils sont alors construits pour répéter la même histoire et l’enraciner encore plus dans les consciences. Son trait principal repose sur la culpabilité essentielle d’Israël, son illégitimité et sa criminalité : à Djénine, à Gaza il y a eu un génocide et l’État d’Israël souffre d’un racisme institutionnel qui tient à l’essence même de son existence. Ce mythe est omniprésent et il est partagé autant par la classe politique que l’opinion publique. Les perpétrateurs d’actes antisémites y puisent implicitement la raison et la légitimité de leurs actes.

Par contre, de l’exécration, l’opinion juive commune est moins consciente car elle se développe dans la littérature, les essais, les magazines, l’université. Il faut aussi, dans ces milieux, avoir l’esprit aiguisé pour la percevoir car elle concerne le judaïsme comme religion, pensée, culture, société. Ce domaine met en jeu, pourrait-on dire, le prestige de l’identité juive, son honneur, sans compter la vérité historique et la compétence académique.

Or ce sont les lieux mêmes de la production culturelle qui sont touchés. Il faut savoir par exemple que, dans les universités, les Instituts d’études politiques, c’est un discours qui accrédite la version palestinienne des faits qui est la référence, sans aucune confrontation possible avec d’autres thèses, et cela remonte jusqu’au Collège de France. Des générations d’étudiants qui, plus tard, assumeront des responsabilités politiques, sont ainsi formées, nourries d’une version viciée de l’histoire.

Plus généralement, sur le plan du destin étudiant, choisir un sujet de doctorat en rapport avec les Juifs (en quelque matière que ce soit) équivaut aujourd’hui à un suicide professionnel car cela vous condamne à être exclu en premier des jurys de sélection pour les rares postes universitaires au concours, sous prétexte de particularisme, d’étroitesse d’esprit ou de choix « idéologique » (« religieux »). On n’étudie pas les choses juives comme on étudie l’Amérique latine, ou le monde… arabe.

Le discrédit s’exerce en premier, bien sûr, sur le judaïsme dont la destruction symbolique est joyeusement perpétrée dans livres, magazines, compte-rendus de presse, sauf rarissimes exceptions. Si vous examinez dans le détail la place qui est reconnue au judaïsme et la façon de le traiter (notamment dans toute cette presse sur les religions – en fait, au départ, presse catholique – produisant nombre de numéros spéciaux sur religions, spiritualités et civilisations), vous remarquerez le traitement défavorable dont il est l’objet (souvent mis en œuvre par des spécialistes juifs). Par contre, l’islam y occupe une place centrale et abusive.

On a l’impression que le refoulé du tabou sur l’islam, à base de menaces de terreur, se déverse sur le judaïsme, moins « dangereux » et au plus bas de son prestige. Toute une gamme d’intellectuels juifs et de chercheurs est objectivement bannie de cette presse. On n’y rend compte ni de leurs travaux, ni de leurs interventions. La chose est réitérée depuis maintenant 10 ans au point que l’on se dise qu’il doit y avoir une liste noire qui écarte les auteurs non complaisants avec le discours de rigueur, le scénario des médias en matière juive. La chose est statistiquement démontrable, tant pour l’écrit que l’audio-visuel (les radios et TV publiques sont au sommet). L’atmosphère d’inimitié n’est pas le résultat d’une série de hasards.

Mais il y a aussi l’édition généraliste. Certes, elle est en crise en générale et le lectorat juif exigeant est très limité, en dessous du seuil de rentabilité commerciale pour une grande maison d’édition, mais les possibilités de publication de livres à thèmes judaïques (exceptée la marée en rapport avec la Shoah) se restreint de plus en plus. Il faut comparer, là aussi, avec le déluge éditorial concernant l’islam qui est le critère d’évaluation.

Ceci dit, ces dernières années a fleuri une littérature d’un genre très spécial qui dépeint pseudo critiquement le judaïsme comme religion, sous des traits conjuguant cruauté, violence et tromperie, parfois paganisme. La religion de l’Israël antique serait la source de toutes les violences, du génocide, de la haine de l’autre, de la cruauté sacrée. La semaine dernière, Le Point a publié 3 pages de plaidoyer de Michel Onfray pour défendre le cinquième livre (Qui est Dieu ?) d’une série très violente sur le judaïsme de Jean Soler où notamment il statue sur son côté sanguinaire et haineux. Michel Onfray cite une phrase de ce livre : « le nazisme de Mein Kampf est le modèle hébraïque auquel ne manque même pas Dieu » qui nous renseigne sur sa teneur.

La façon dont il prévient la remarque qui s’impose devant un tel discours montre bien la pirouette rhétorique la plus répandue pour exclure le point de vue juif : « l’accusation d’antisémitisme est celle qui accueille le plus souvent ses recherches. Elle est l’insulte la plus efficace pour discréditer le travail d’une vie et l’être même d’un homme ». Ainsi la boucle est bouclée entre ce que pense Al Djazira et ce que pense une certaine France : le « génocide de Gaza » était inscrit dans le judaïsme et l’État d’Israël est nazi.

Tant que les Juifs ne défendront pas leur honneur, tant qu’ils ne seront pas jaloux de leur réputation, on ne voit pas comment ni pourquoi cesserait leur maltraitance, leur rudoiement symbolique. Cette maltraitance est le premier pas vers le coup qu’on leur portera.

On ne peut se contenter de tirer cette seule leçon générale de la réalité. C’est ici aussi l’occasion de constater le degré de démission du judaïsme français face aux défis qui se pressent à son horizon. Ces questions devraient en premier lieu concerner le rabbinat français. Mais où sont les rabbins ? Où est le Grand Rabbin ? Il n’est pas possible que s’institue le partage entre ceux iraient toujours au charbon et ne récolteraient que la réprobation et ceux qui pontifieraient sur la scène de « l’éthique » et du politiquement correct.

Article additionnel (veuillez cliquer sur le titre pour accéder au lien) :

 

LE RETOUR HUMANITAIRE DE LA CROISADE
Shmuel Trigano

À partir d’une chronique sur Radio J, 1er juin 2012