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DHIMMIFICATION DU CANADA ET DÉMONISATION D’ISRAËL

 

 

TARIQ RAMADAN ET SALAH BASALAMAH SUR LA CHARIA,
LES ACCOMMODEMENTS RAISONNABLES ET LES AGORAS CITOYENNES

Dépêche

Pointdebasculecanada.ca, 20 avril 2012

En 2004, dans une interview accordée à un périodique égyptien, Tariq Ramadan critiqua les leaders musulmans opérant au Canada parce qu’ils avaient ouvertement promu la charia et les tribunaux islamiques. Ramadan leur reprocha de «manquer de créativité» en révélant ouvertement la nature des objectifs qu’ils poursuivaient. Le terme charia étant «perçu de façon négative par les Occidentaux», déclarait Ramadan, il valait mieux ne pas en parler ouvertement «pour le moment», précisa-t-il. Ramadan suggéra plutôt d’utiliser le cadre légal canadien actuel («un des plus ouverts dans le monde») pour faire passer discrètement les principes de charia un à un. C’est cette approche qui incita les islamistes à faire des pressions pour la mise en place d’accommodements raisonnables dans les années qui suivirent.

 

EXTRAIT DE L’INTERVIEW DE TARIQ RAMADAN À EGYPT TODAY:

 

(Traduction PdeB) Dans leur combat pour mettre en place des tribunaux islamiques appelés à trancher des conflits domestiques, les musulmans du Canada ont démontré un manque de créativité. Dans le cadre des lois en vigueur au Canada, ils ont une grande marge de manœuvre pour proposer un contrat islamique. Ces tribunaux islamiques ne sont pas nécessaires. Tout ce que ces tribunaux réussissent à accomplir, c’est de mettre en évidence que les musulmans ont des lois particulières et, pour le moment, ce n’est pas la façon dont nous voulons être perçus. Nous devons démontrer que notre façon de penser est universelle, que nous pouvons vivre dans le cadre des lois et qu’il n’y a pas de contradiction.

 

Il est préférable pour les musulmans d’étudier le cadre légal en vigueur au Canada, un des plus ouverts dans le monde, et d’élaborer des solutions islamiques qui peuvent s’ajuster à la réalité canadienne. Le mot charia est perçu de façon négative par les Occidentaux. C’est inutile de mettre l’accent là-dessus.

 

Dans un article publié le 5 novembre 2009 par le National Post, Tarek Fatah a commenté le programme de Tariq Ramadan en ces termes:

 

(Traduction PdeB) (Tariq Ramadan) n’était pas opposé à l’introduction de la charia au Canada; il ne croyait simplement pas que c’était le bon moment de le faire. Dans ses propres mots, les musulmans démontraient «un manque de créativité». Il suggéra qu’au lieu de réclamer ouvertement la charia, les islamistes devraient tenter de l’introduire en catimini dans le cadre légal déjà existant.

 

Ça me rappelle la doctrine de la taqiyya, une méthode que les islamistes utilisent pour dissimuler leurs véritables intentions dans le but de paraître inoffensifs à leurs adversaires et les inciter à baisser la garde.

 

Salah Basalamah: Des «agoras citoyennes» pour discuter des «questions qui fâchent»

 

Dans une interview accordée à une publication syndicale du Québec en 2010, Salah Basalamah, un proche de Tariq Ramadan, a promu un «complément» à l’approche des accommodements raisonnables. Basalamah a proposé d'organiser des rencontres («agoras citoyennes») au niveau des quartiers, des villes et des régions du Québec lors desquelles les citoyens seraient invités à soulever les «questions qui fâchent». Basalamah précisa que ces rencontres devraient se dérouler «loin des médias et des tribunaux».

 

On imagine la scène d’ici. Un restaurateur est convoqué par un groupe d’islamistes à cette rencontre, cette soi-disant agora citoyenne. Sa vente d’alcool constituant une «question qui fâche», on l’avise qu’il doit cesser de vendre de l’alcool. Vous ne voudriez quand même pas fâcher vos voisins islamistes. N’est-ce pas? Tout ça «loin des médias et des tribunaux», comme l’a prévu Basalamah. Imaginez l’intimidation à laquelle ce genre de meetings ouvrirait la porte. Vous servez de la nourriture durant le Ramadan. Vous devez vous expliquer. Vous ne portez pas le voile. Vous devez vous expliquer. Vous décorez votre maison pour Noël. Vous devez vous expliquer. Toutes des «questions qui fâchent» vos voisins islamistes.

 

Dans son livre Le droit de traduire (Presses de l’Université d’Ottawa, 2009), Salah Basalamah présente Tariq Ramadan comme son «frère d’armes intellectuel». Dans un colloque auquel participait Salah Basalamah à Montréal en 2008, l’organisateur Peter Leuprecht, un ancien doyen de la Faculté de droit de McGill l’a présenté comme le «représentant de Tariq Ramadan ici au Canada». (Le Devoir [Montréal], 13 septembre 2008, p. G11)

 

Lors d’un passage à Dallas en juillet 2011, Tariq Ramadan a incité ses supporteurs à coloniser les États-Unis «avec notre compréhension de l’islam, avec nos principes». Ramadan a également préfacé un des recueils de fatwas de Youssef Qaradawi, le guide spirituel des Frères Musulmans. Il l’a présenté comme «un des exégètes de l'islam les plus importants» à s'être prononcé sur la question des attitudes et des comportements que les musulmans doivent adopter lorsqu'ils vivent en Occident. (Radical Reform, New York, Oxford University Press, 2009, pp. 31 et 326)

 

En raison de ses «appel(s) à la haine et à la violence», Youssef Qaradawi a récemment été interdit de séjour en France. En 2007, Salah Basalamah a endossé ce même Qaradawi qui incite les musulmans à conquérir l’Occident et qui présente Hitler comme un envoyé d’Allah venu punir les juifs. En 2002, Basalamah a été choisi par Qaradawi pour traduire un de ses livres.

RÉPLIQUE À AGNÈS GRUDA
David Ouellette 

davidouellette.net, 19 avril 2012

 RÉPLIQUE À AGNÈS GRUDA

 

Cette lettre a été soumise le 19 avril 2012 pour publication au quotidien La Presse.

 

Agnès Gruda juge excessif l’interdit de séjour qui pèse sur l’écrivain allemand Günter Grass en raison de son brûlot accusant Israël de velléités génocidaires à l’endroit du peuple iranien («La politique de la frontière fermée», La Presse, 19 avril 2012). Sa critique est légitime et partagée par de nombreux Israéliens et amis d’Israël.

 

En revanche, il est tout aussi excessif d’extrapoler à partir des cas de Grass, de Noam Chomsky et de Mairead Maguire que le gouvernement israélien pratique une «politique de la frontière fermée» à l’endroit de ses détracteurs et des sympathisants des Palestiniens.

 

En effet, malgré l’incessante campagne de délégitimation d’Israël, le gouvernement israélien affiche une attitude plutôt pragmatique face à ses détracteurs. Pensons, notamment, à l’écrivain portugais José Saramago qui assimila odieusement Ramallah à Auschwitz sans pour autant être déclaré persona non grata. Ou à Donald Bostrom, l’auteur suédois de l’infâme fabrication voulant qu’Israël se livre au trafic d’organes palestiniens, qui fut néanmoins reçu en Israël peu après la parution de cette calomnie pour participer à une conférence de journalistes.

 

De même, le militant antisioniste notoire Noam Chomsky n’est pas interdit de séjour en Israël. Certes, un fonctionnaire israélien lui avait interdit d’entrer en Cisjordanie en 2010, mais fut néanmoins rapidement réprimandé par le porte-parole du premier ministre israélien pour avoir «outrepassé son autorité». Le gouvernement israélien avait même invité Chomsky à se présenter de nouveau à la frontière, l’assurant qu’ «il n’y a aucun changement dans notre politique» à son égard. Chomsky déclina l’invitation, l’occasion étant trop belle pour ne pas jouer le faux martyr de la liberté d’expression.

 

Aussi n’est-ce pas en raison de ses idées, à savoir l’assimilation de l’État juif au régime nazi, que la «pacifiste» Mairead Maguire, a été interdite de territoire, mais à cause de ses deux tentatives de violer l’embargo militaire israélo-égyptien contre le Hamas, une mesure de défense légitime et conforme au droit international, selon les conclusions d’un comité d’enquête du Secrétaire général de l’Onu rendues publiques en septembre dernier.

 

Mme Gruda erre aussi sur la nature de la controverse et de l’indignation suscitées non seulement en Israël, mais en Allemagne et ailleurs en Europe, par le brûlot de Günter Grass. Loin d’avoir «cassé tout un tabou» en posant la question du droit moral des Allemands de critiquer les politiques de l’État juif, Grass a défoncé une porte ouverte. Quiconque est familier de l’Allemagne n’ignore pas que la presse, la société civile et la classe politique allemandes ne se privent pas plus de critiquer Israël que tout autre pays occidental.

 

En fait, si les propos de Grass ont choqué, à tel point que le militant social-démocrate Grass est désormais exclu des activités électorales du parti auxquelles il participait depuis quatre décennies, c’est parce que l’ancien nazi tente grossièrement de s’alléger la conscience en accablant gratuitement l’État juif d’ambitions génocidaires envers le peuple iranien. Selbtsentlastung et Schuldverschiebung, auto-exonération et transfert de culpabilité, sont les expressions qui revenaient le plus souvent dans la presse allemande pour dénoncer l’antisémitisme larvé du texte de Grass.

 

Si en cette Journée du souvenir de la Shoah il est une leçon à retenir de l’affligeant spectacle d’un grand écrivain qui se discrédite en projetant sur les Juifs les crimes des nazis, c’est la démesure des «critiques» dont Israël est l’objet, même lorsqu’un régime négationniste comme celui de Téhéran menace l’État juif d’annihilation.

 

David Ouellette
Directeur associé, affaires publiques (Québec)
Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes

LES AFFABULATIONS D’UN ANTISIONISTE OBSESSIONNEL:
LA NOSTALGIE DES ATTENTATS

Pierre K. Malouf
fr.princearthurherald.com, 14 avril 2012

La haine comme facteur de lutte, la haine intransigeante envers l’ennemi, qui pousse au-delà des limitations naturelles de l’être humain et le transforme en une efficace, sélective et froide machine meurtrière. -Ernesto Che Guevara

 

KATZ LES PRÉFÈRE SOUMIS

 

Des membres de la Jewish Defense League canadienne (JDL) sont allés manifester contre le maire Gendron à Huntingdon. M. Katz s’en offusque et évoque pour condamner cet organisme le massacre commis par Baruch Goldstein en 1994,  qui mena en Israël à l’interdiction des mouvements Kach et  Kahane Chai — du nom du rabbin Meir Kahane (1932-1990).  Contrairement à ce qu’affirme M. Katz, la Jewish Defense League  ne se trouve pas sur la liste des organisations terroristes du Département d’État américain. Son existence est légalement reconnue aux États-Unis comme elle l’est au Canada. Il va sans dire que toute action violente éventuellement exercée par la JDL ou par tout autre organisation juive ou non-juive, doit être sévèrement condamnée lorsqu’elle se produit. De fait, aucun geste illégal ou violent n’a été perpétré à Huntingdon, mais nous ne pouvons reprocher à M. Katz de s’alarmer.

 

MENTIR POUR AVOIR RAISON

 

La description par M. Katz des conditions de vie des habitants de la Cisjordanie et de Gaza n’est pas entièrement fausse — une horloge arrêtée a raison deux fois par jour — mais nous serions mieux disposés à en débattre avec lui s’il ne basculait dans l’outrance en qualifiant l’occupation par Israël des territoires contestés de Judée-Samarie de «régime de terreur». Même un organisme violemment anti-israélien comme l’Association France Palestine Solidarité, est plus mesuré dans ses jugements que le PAJUste en chef. M. Katz ne dit pas un mot du boom économique, certes fragile, qui s’est produit ces dernières années en Cisjordanie, ni des dizaines de milliers de Palestiniens ayant ou non le statut de réfugiés qui continuent de travailler en Israël ou dans les implantations de Judée-Samarie. Les embêtements subis aux points de contrôle constituent certes un problème sérieux et ont pour la population de Cisjordanie des conséquences fâcheuses,  mais qualifier leur existence (indispensable) de «régime de terreur» nous ramène à la pensée de Talleyrand: «Tout ce qui est excessif est insignifiant».

 

En ce qui touche la bande de Gaza, nous nous apitoyons en compagnie de M. Katz sur le sort des Gazaouis soumis à la dictature du Hamas: «S’il y a bien une “Gaza-strophe”, la responsabilité en revient aux fanatiques islamistes inaptes à gouverner, n’ayant cure du bien commun, et dont la seule préoccupation est de tuer des Juifs tout en faisant appliquer de plus en plus strictement la charia, construisant ainsi à Gaza, progressivement, un émirat islamique.»

 

Aux problèmes qui assaillent les Palestiniens et les Israéliens, M. Katz ne voit qu’une seule issue: la disparition d’Israël comme État juif, c’est-à-dire un État ou les Juifs forment la majorité. Qu’importe que tous les citoyens d’Israël, et en particulier la minorité arabe, jouissent de droits égaux, il faut qu’Israël disparaisse. Dans aucun pays arabe les Arabes ne jouissent des libertés civiles et du niveau de vie qui sont les leurs en Israël. Et ça c’est intolérable!

 

M. Katz souffrant d’antisionisme obsessionnel, rien d’autre ne le préoccupe que l’existence de cet État juif. Il ne lui viendrait jamais à l’esprit de crier au meurtre parce que la Norvège est un État norvégien, la France un État français, le Japon un État japonais, la Turquie un État ottoman, l’Iran un État persan. Le seul pays au monde qui subit les foudres de M. Katz, le seul pays qui ne devrait pas exister, c’est Israël. Le seul peuple au monde qui n’aurait pas le droit d’avoir un pays c’est le peuple juif, peuple dont M. Katz se targue de faire partie, en supposant qu’il admette l’existence d’un tel peuple, ce dont je doute fortement, car M. Katz est probablement un disciple de Shlomo Sand, le crétin qui affirme que le peuple juif n’existe pas. Évidemment, un peuple qui n’existe pas ne mérite pas d’avoir un pays.  Rappelons néanmoins que ce peuple qui n’existe pas a accepté en 1947 le plan de création de deux États séparés et que les Arabes — ne parlons pas des Palestiniens, car ce peuple n’existait pas encore —  l’ont refusé. Or le nouvel État juif aurait été peuplé de 558 000 Juifs qui auraient cohabité avec 405 000 Arabes! L’État arabe voisin aurait compté 800 000 Arabes et un millier de Juifs, la zone internationale (Jérusalem) 100 000 Juifs et 105 000 Arabes. Conséquence: les Arabes ont déclenché contre le nouvel État une guerre d’extermination. Mais qui accuse-t-on de racisme?

 

UN PEUPLE ET UN PAYS QUI N’AURAIENT PAS LE DROIT DE SE DÉFENDRE

 

Bruce Katz ne rend pas qu’un petit hommage à Stéphane Gendron en comparant ce dernier au journaliste du réseau CBS,  Edward R. Murrow, qui, dans les années 50, eut le courage — il ne fut pas le seul —  de s’opposer au tristement célèbre sénateur Joseph McCarthy, qui voyait des communistes partout.  M. Katz voit grand: hisser Gendron à la hauteur de Morrow, c’est pincer les flancs d’une colline montérégienne pour en élever la cime au niveau de l’Éverest. Si l’article de M. Katz n’avait pas été publié le 1er mars, il aurait pu devenir un beau poisson d’avril. Personne n’avait compris que Gendron était un homme d’une telle envergure et nul n’avait saisi, sauf Bruce Katz, que Gendron ne récusait pas l’existence «de quelques millions de civils israéliens», mais du «régime politique d’Israël, lequel impose un système d’apartheid particulièrement brutal aux Palestiniens sous occupation depuis plusieurs décennies.»  Ces bouts de phrase sont extraits de l’article de Katz, que vous avez sans doute déjà lu, sinon empressez-vous de le faire.  Veuillez m’en croire, je suis vraiment désolé de devoir faire la publicité d’une telle bouillie pour les chats!

 

Katz n’aurait donc rien à reprocher à ces millions de Juifs qui forment la majorité de la population de ce pays qu’il exècre et voudrait voir disparaître. Sa haine ne vise que l’État que ce peuple a créé et le gouvernement qu’il porte démocratiquement au pouvoir, État et gouvernement  auxquels ces millions de civils israéliens confient la responsabilité de les protéger contre des voisins hostiles, dont l’un des objectifs avoués est de les exterminer — voir la charte du Hamas. Ainsi, ce «mur de l’apartheid»  qui avait pour but quand il fut décidé de l’ériger en 2002, de protéger la population israélienne contre les terroristes qui multipliaient les attentats depuis le déclenchement de la Deuxième Intifada, constituerait un  crime dont le peuple israélien devrait être exonéré, l’accusation ne visant que le gouvernement élu par ce même peuple?! M. Katz nous prend vraiment pour des imbéciles.  Un gouvernement qui n’aurait pas pris en 2002 les mesures qui s’imposaient après la série d’attentats commis depuis octobre 2000 aurait commis un crime contre ses propres citoyens!

 

Année 2000: un lynchage (de deux soldats, à Ramallah) et 3 attentats, 8 morts et 79 blessés.

Année 2001: 14 attentats, 99 morts, 900 blessés. Comme disait si bien le père Staline, «un mort, c’est une tragédie; un million de morts, c’est une statistique».

Raffinons donc les statistiques afin de donner un meilleur aperçu de la tragédie. Voici le portrait de l’année 2002:

 

27 janvier : Attentat de l'infirmière Wafa Idriss à Jérusalem, 1 mort et 150 blessés

16 février: Attentat-suicide en Cisjordanie, 3 morts et 30 blessés.

18 février : Attentat-suicide vers Jérusalem, 1 mort.

2 mars : Attentat-suicide à Jérusalem, 11 morts et 50 blessés.

9 mars : Attentat-suicide à Jérusalem, 11 morts et 54 blessés.

20 mars : Attentat-suicide près d’Afoula, 7 morts et 30 blessés.

21 mars : Attentat-suicide à Jérusalem, 3 morts et 86 blessés.

27 mars : Attentat de l’hôtel Park de Netanya, 29 morts et 140 blessés[5]

29 mars : attentat-suicide par une femme de 18 ans, Ayat al-Akhras, à Jerusalem, 2 morts

31 mars : Attentat-suicide au restaurant Matza à Haïfa, 15 morts et 40 blessés.

1er avril : Attentat-suicide à Jérusalem, 1 mort.

4 avril : Attentat-suicide dans un café à Tel-Aviv, 1 mort et 30 blessés.

10 avril : Attentat-suicide à l'est d’Haïfa, 8 morts et 22 blessés..

12 avril : Attentat-suicide d'une femme à Jérusalem, 6 morts et 104 blessés.

7 mai : Attentat-suicide au sud de Tel-Aviv, 15 morts et 55 blessés.

19 mai : Attentat-suicide à Netanya, 3 morts et 59 blessés.

22 mai : Attentat-suicide à Rishon LeZion, 2 morts et 40 blessés.

27 mai : Attentat-suicide à Petah Tikva, 2 morts et 37 blessés.

5 juin : Explosion d'un bus près d’Afoula, 17 morts et 38 blessés.

11 juin : Attentat-suicide à Herzliva, 1 mort et 15 blessés.

18 juin : Attentat de Patt Junction à Jérusalem 19 morts et 74 blessés.

19 juin : Attentat-suicide au nord de Jérusalem, 7 morts et 50 blessés.

17 juillet : Double attentat-suicide à Tel-Aviv, 5 morts et 40 blessés.

31 juillet : Explosion dans la cafétéria de l'université de Jérusalem, 9 morts et 85 blessés.

4 août : Attentat-suicide près d’Haïfa, 9 morts et 50 blessés

4 août : Un terroriste ouvre le feu à Jérusalem, 2 morts et 17 blessés.

4 août : Des terroristes ouvrent le feu sur une voiture, sur la route de Ramallah, 2 morts, 1 blessé (un enfant de 3 ans)

18 septembre : Attentat-suicide à Umm al-Fahm, 1 mort et 3 blessés.

21 octobre : Explosion d'une bombe de plus de 100kg vers Tel-Aviv, 14 morts et 50 blessés.

27 octobre : Attentat-suicide en Cisjordanie, 3 morts et 20 blessés.

4 novembre : Attentat-suicide à Kfar Saba, 2 morts et 70 blessés.

15 novembre : Trois grenades lancées dans un groupe à Hebron, 12 morts et 15 blessés.

21 novembre : Attentat-suicide dans la banlieue de Jérusalem, 11 morts et 50 blessés.

Total pour  2002 : 33 attentats, 238 morts, 1 505 blessés. 

 

L’année 2003 fut, si l’on ose dire, un peu plus calme: il y eut 16 attentats faisant 143 morts et 729 blessés. Puis, la construction du mur progressant — mais il ne s’agit d’un mur que sur moins de 4% de son tracé —, il devint de plus en plus difficile pour les terroristes palestiniens de s’infiltrer en Israël pour s’y faire péter la fiole.  En 2004, il y eut 10 attentats, qui firent  97 morts et 473 blessés.  La mort de Yasser Arafat, le 11 novembre 2004, puis l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Abbas, le 16 janvier 2005, changèrent la donne sans faire complètement cesser les attentats.  Il y en eut encore sept en 2005, qui firent 20 morts et 221 blessés, puis quatre entre janvier et avril 2006, qui firent 17 morts et 68 blessés.  L’attentat suivant ne se produisit que l’an dernier.  Le 3 mars 2011,  une bombe explosa près d'un autobus à la gare routière de Jérusalem et fit un mort et 31 blessés.  Puis, dans la nuit du 11 au 12 mars 2011, à Itamar, cinq membres de la famille Fogel furent assassinés à l’arme blanche: Oudi, 36 ans, Ruth, 35 ans, Yoav, 11 ans, Elad, 4 ans, Hadas, 3 mois. Les médias occidentaux parlèrent à leur sujet de «cinq colons juifs». Les coupables, un lycéen et un étudiant, ont déclaré avoir tué le bébé parce qu’il pleurait.  «L’un des assassins, Amjad Mahmad Awad, a transfiguré rituellement son acte en affirmant avoir voulu “mourir en martyr”.»  

 

Dans son article, comme dans chacune de ses interventions publiques, Bruce Katz s’émeut à juste titre des morts parmi les Palestiniens, sauf quand elles sont provoquées par les Palestiniens eux-mêmes, soit qu’il s’agisse de kamikazes, soit qu’il s’agisse de vieillards, de femmes et d’enfants utilisés comme boucliers humains. Dans ces cas-là, le très volubile chef PAJUste observe un pudique silence-radio.  Il faut constater qu’il est à cet égard beaucoup plus discret que ses amis du Hamas: «Pour le peuple palestinien, la mort est devenue une industrie dans laquelle excellent les femmes et tous les habitants de ce pays: les vieillards y excellent, les combattants du jihad y excellent, les enfants y excellent. En conséquences [les Palestiniens] ont créé un bouclier humain de femmes, d’enfants, de vieillards et de combattants du jihad contre la machine de guerre des sionistes, comme s’ils disaient à l’ennemi sioniste: “Nous désirons la mort, tout comme vous désirez la vie”.»  Cette déclaration de Fathi Hamad, qui représente le Hamas au Conseil législatif de l’autorité palestinienne, date de février 2008. Voyez Hamad vociférer  sur YouTube: http://www.youtube.com/watch?v=g0wJXf2nt4Y. Édifiant, n’est-ce pas?

 

Quand se produisit le massacre d’Itamar, il y a un peu plus d’un an, Katz et ses camarades de PAJU harcelaient à chaque samedi depuis octobre 2010 des marchands de chaussures de la rue Saint-Denis. Face à des contre-manifestants qui les accusèrent un certain samedi de soutenir des égorgeurs d’enfants — j’assistais à la scène — ces bonnes âmes se contentèrent de détourner le regard, de hausser les épaules ou de ricaner cyniquement. Qu’est-ce qu’un PAJUste peut bien avoir à foutre d’un mort israélien, s’agirait-il d’un bébé de trois mois! La capacité d’indignation de M. Katz est à la mesure du tout petit trou percé dans une banderole dénonçant l’apartheid israélien à travers lequel il contemple le monde et s’en fait une image. Les attentats-suicides contre les civils israéliens, les milliers de roquettes lancés sur Israël depuis la bande de Gaza, M. Katz n’en a cure, on peut même présumer qu’il n’est même pas au courant. L’homme n’est pas méchant… Décollez un instant votre œil du petit trou qui vous sert d’objectif, M. Katz. Peine perdue…

 

Jamais M. Katz ne prononcera une parole pour dénoncer le Hamas, dont il partage les objectifs sans apparemment en approuver les méthodes. Car le chef de PAJU se targue d’utiliser  des moyens non-violents en adhérant à la campagne BDS qui, tout comme les attentats-suicide, les roquettes et les égorgements, est motivée par la haine et a  pour but la destruction d’Israël. M. Katz a beau se mouiller tout habillé tout en essayant de ne pas trop se salir, son pacifisme hypocrite ne leurre personne, car l’eau bénite dont il s’asperge est contaminée.

 

Ne nous étonnons donc pas que cet homme soit au désespoir parce qu’Israël ose barrer la route aux kamikazes-assassins recrutés par ses copains du Hamas, du Fatah, du Djihad islamique ou du Hezbollah. M. Katz n’en a rien à foutre des  «quelques millions de civils israéliens», sinon il admettrait que la barrière de protection est un mal nécessaire. M. Katz, nous vous avons compris: vos dénonciations du «mur de l’apartheid» ne parviennent pas à dissimuler la  nostalgie des attentats qui vous anime.

 

Quel Honneur?

 

 

 

 

Le PAJU et l’imposture antisioniste
David Ouellette
davidouellette.wordpress.com, 10 novembre 2011

La haine des Juifs a de tout temps été une affaire de diabolisation. Littéralement, au Moyen-Âge, dans le cas de l’antijudaïsme chrétien, pour lequel le Juif était le diable incarné voué à la destruction de la chrétienté et figurativement dans le cas de l’antisémitisme moderne, pour lequel le juif incarne la perversion du genre humain.

 

L’antisionisme est l’avatar contemporain de la diabolisation des Juifs. Si dans la foulée du génocide des Juifs européens aux mains des nazis et de leurs collaborateurs, il est désormais de mauvais ton d’avilir les Juifs comme tels, l’État des Juifs et le mouvement national qui lui a donné forme, le sionisme, font aujourd’hui office, par légère procuration, de cibles socialement acceptables pour les contempteurs du peuple juif.

 

Le groupuscule «antisioniste» Palestiniens et Juifs Unis (PAJU), auquel on doit l’infâme campagne de harcèlement de commerçants de la rue Saint-Denis pour cause de vente de chaussures israéliennes, nous en offre cette semaine une  illustration pertinente. Le 7 novembre dernier, le président du PAJU, Bruce Katz, a accordé une entrevue à Press TV, le télédiffuseur de langue anglaise du régime iranien, qui, à l’instar du gouvernement antisémite aux velléités génocidaires qu’il dessert, nie la réalité historique du génocide des Juifs et offre régulièrement des tribunes à des néo-nazis. Bruce Katz, que notre propre société d’État Radio-Canada invite à commenter l’actualité moyen-orientale, y a assimilé à mots découverts le concept de peuple juif à l’idéologie des pires tortionnaires que celui-ci ait connus dans sa longue histoire, le nazisme:

 

«Il est ironique que lorsqu’on examine le discours politique d’Hitler, on a essentiellement exactement le même discours mis de l’avant par Benyamin Netanyahu», pérore le Juif montréalais «antisioniste» Bruce Katz. «Comme dans le cas de la nation allemande aryenne détentrice d’une terre sur laquelle seule la nation aryenne a le droit de vivre – sur cette terre particulière [Israël], seule la race juive a le droit d’y vivre et, par conséquent, les Arabes doivent être non-juifs de la même manière que les Juifs étaient non-aryens [et] devaient être expulsés de la terre», poursuit-il.

 

Emblématique du discours antisioniste, la nazification d’Israël n’est pas seulement antisémite parce qu’elle diffame le peuple juif en lui imputant les attributs racistes et mortifères des assassins de six millions de Juifs, mais parce qu’elle perpétue la tradition antisémite d’identification des Juifs avec le mal absolu. On le sait, aucun État n’est au-dessus de la critique légitime de ses politiques à l’aune de critères universels. Or, l’antisionisme n’est pas l’exercice de la critique légitime des politiques israéliennes, mais une odieuse imposture idéologique qui sous couvert de sympathie envers les Palestiniens diabolise l’expression nationale du peuple juif en l’accablant des attributs les plus détestables.

Canada: les crimes d'honneur sont des actes "barbares" (Farzana Hassan)
Dépêche
Postedeveille.ca, 7novembre 2011

Version originale anglaise: We shouldn't hesitate to call honour killings barbaric

Adaptation française: Poste de veille

 Farzana Hassan dénonce haut et fort le politiquement correct des progressistes et des multiculturalistes qui sont davantage préoccupés de ménager la sensibilité des fondamentalistes que de protéger la vie des musulmanes. Elle établit clairement le lien entre la conception dégradante de la femme véhiculée par les fondamentalistes, et les crimes d'honneur. 

 

Dans un récent éditorial dans Le Devoir sur le quadruple crime d'honneur dans la famille Shafia, Josée Boileau écrit que l'islam le plus dangereux n'est pas celui des prédicateurs extrémistes de l'iREA récemment invités à Montréal par l'association des étudiants musulmans de l'université Concordia, mais celui qui se vit en famille et qu'on ne veut pas voir. Ce que Mme Boileau semble ne pas voir, et que les multi/interculturalistes ne veulent pas voir, c'est que l'un mène à l'autre: l'islam radical répandu sur les campus universitaires et dans bien des mosquées et centres islamiques perpétue la culture de l'honneur dans les familles, laquelle mène au crime d'honneur.

 

[…] Dans un récent communiqué de presse, le Conseil canadien des femmes musulmanes a appelé les crimes d’honneur des «meurtres coutumiers». Le député libéral Justin Trudeau a également reproché au gouvernement conservateur de qualifier ces crimes de «barbares». […]

 

Il y a plusieurs raisons à ces détournements du langage et à l’obscurcissement de la réalité des crimes d’honneur qui en découle. Certains craignent les islamistes et évitent la terminologie établissant un lien entre ces crimes et l’islam fondamentaliste. Les multiculturalistes de gauche croient également qu’il faut respecter chaque sous-culture au Canada malgré l'abus massif des femmes au sein de ces communautés. Ils rejettent donc certains mots vus comme ayant une forte charge culturelle. En outre, ces progressistes promeuvent l'idée selon laquelle ces meurtres se produisent dans toutes les communautés religieuses et ethniques. En voulant paraître ouverts et respectueux de la diversité au Canada, ils tolèrent sans le vouloir des pratiques misogynes au sein de ces communautés.

 

Le temps est venu d’appeler un chat un chat. Les meurtres des sœurs Shafia (si les accusés sont reconnus coupables), d’Aqsa Parvez et des autres victimes de la fureur islamiste sont des crimes d'honneur; il ne s’agit pas de crimes coutumiers ou de violence domestique  Il est impératif d'utiliser une terminologie précise pour décrire ces crimes et la pathologie qui les inspire. Le lien entre ces crimes et l'honneur comme construction sociologique est indéniable. La notion d’honneur est ancrée dans la conception médiévale des femmes comme propriété des hommes, qui sont responsables de leur conduite. L’islam ultraorthodoxe encourage certainement ce point de vue par l’emphase qu’il met sur la ségrégation des sexes et le port du voile. De plus, les hommes ont la responsabilité de voir à l’application de cette ségrégation, par des mesures punitives si nécessaire.

 

Selon ce point de vue, une femme ne doit même pas parler à des hommes non membres de sa famille car cela pourrait conduire à l'immoralité et à la promiscuité. Ces rôles sexuels strictement délimités deviennent fermement ancrés dans l’esprit des fondamentalistes. Ainsi, pour ces fanatiques religieux, les femmes ayant bravé les normes sociales, culturelles et sexuelles doivent être sévèrement réprimandées et punies. Les hommes doivent aussi exercer sans hésitation leur autorité et leur contrôle sur les femmes, à défaut de quoi ils seront perçus comme des hommes faibles. Parfois, ils estiment qu’ils doivent tuer une femme pour démonter leur autorité ultime. Pour eux, c’est la seule façon de retrouver leur honneur perdu. C’est leur manière de prouver au monde que peu importe ce que font les femmes, les hommes exercent le contrôle ultime sur leur vie. Bien que les meurtres d'honneur se produisent aussi dans d'autres communautés patriarcales, l’obsession de l’islamisme pour le contrôle de la sexualité des femmes explique que les crimes d'honneur sont beaucoup plus susceptibles de se produire chez les musulmans fondamentalistes. […]

 

Les musulmans du Canada,
pas d'unanimité dans la façon de penser

Daniel Pipes
Macdonald-Laurier Institute, 1 novembre 2011

Version originale anglaise: Canada's Muslims, Not of One Mind

Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Dans leur étude pour l'Institut Macdonald-Laurier, «What Do Muslim Canadians Want? The Clash of Interpretations and Opinion Research» Christian Leuprecht et Conrad Winn commencent par une discussion sur les méthodes pour comprendre l'attitude des musulmans au Canada, puis ils passent à la discussion des données spécifiques. Je suivrai leur schéma d'approche et discuterai de ces deux questions séparément, [le tout] suivi d'une conclusion.

Les modèles pour la compréhension de l'attitude des musulmans: deux des trois modèles qui font partie de l'hypothèse formulée par Leuprecht et Winn supposent une communauté musulmane homogène, avec l'un d'eux voyant les musulmans comme hostiles à l'unanimité aux méthodes occidentales et l'autre les voyant comme acceptant à l'unanimité ces méthodes. Seul le troisième modèle, celui auquel on m'a associé, perçoit une multiplicité de points de vue.

           

Il tombe sous le sens que les musulmans sont en désaccord entre eux – quel groupe humain ne l'est pas? Il va de soi que, en particulier, ils diffèrent sur la compatibilité de l'islam avec les valeurs canadiennes, une question clé à une époque de djihad et d'efforts pour appliquer la charia (loi islamique) en Occident.

 

Avant d'examiner les résultats particuliers du sondage, il convient de mentionner, avec Stephen Schwartz, du Center for Islamic Pluralism (Centre pour le pluralisme islamique), que «l'islam canadien est plus modéré, plus diversifié et plus ouvert au débat que l'islam américain ou même l'islam britannique.» Pourquoi est-ce ainsi? Ceci est dû principalement à la nature de l'immigration musulmane, qui a inclus de façon visible Qadiri et ce genre de soufis, des musulmans traditionalistes, des musulmans hétérodoxes d'Afrique sub-saharienne, et des laïcs de la Tunisie et de l'Algérie. Schwartz conclut sur une note positive: «Nous devrions être heureux que le Canada soit différent, et offre un lieu où la raison musulmane est appréciée, plutôt que rejetée.»

 

Les résultats du sondage: Les résultats du sondage confirment cette différence canadienne, caractérisée par une attitude plus positive envers le pays d'accueil que celle que l'on retrouve chez d'autres populations musulmanes de l'Occident. Les scores très élevés de satisfaction témoignée au gouvernement du Canada, comparables à ceux de la population en général, offre une base pour ce qui suit, tout comme le fait que les musulmans canadiens généralement rejettent la notion du Canada comme un pays raciste.

 

Les questions spécifiques sur les attraits et les aversions révèlent une meilleure appréciation pour les valeurs générales (la démocratie et la liberté) que pour les situations personnelles (recherche d'emploi). J'ai trouvé particulièrement encourageant le fait que les musulmans canadiens comprennent la démocratie pas seulement comme un système pour choisir les dirigeants, mais comme un état d'esprit et un style de vie permettant à un individu d'avoir l'autonomie de penser et d'agir en toute liberté, pour développer ses propres opinions, et se retirer complètement de la politique.

 

Trouver un emploi se détache comme étant une question clé dans l'enquête de l'Institut Macdonald-Laurier. Pour comprendre l'inquiétude, imaginez que vous devez postuler pour un emploi avec le nom de Mohammed ou de Fatima; les employeurs non musulmans sont réticents pour embaucher du personnel musulman pour des raisons allant du terrorisme, à des demandes de privilèges spéciaux, à des craintes d'un litige juridique. D'une part, les non musulmans ont besoin d'apprendre à gérer leurs propres préjugés, mais d'autre part, les musulmans doivent reconnaître les problèmes qu'ils ont causés et les aborder sérieusement et de façon constructive.

 

La question de l'application de la charia est en fait celle de ses importantes implications. Une importante majorité de 62 pour cent souhaite que la charia soit d'une certaine façon mise en œuvre: quand on exclut la catégorie «ne sait pas»/«refus de répondre», alors ce nombre grimpe à 75 pour cent. Cela montre ce qui est peut être le problème le plus épineux à propos des musulmans canadiens: leur désir de choisir une autre voie [faire cavalier seul]. Que 15 pour cent des musulmans souhaitent «exiger que les musulmans soient jugés par des tribunaux islamiques» est particulièrement alarmant; cela confirme également mon évaluation que les islamistes représentent environ 10-15% de la population musulmane

 

Le soutien de 3 pour cent à Al-Qaïda pointe l'élément noyau dur islamiste au Canada – pas très gros, mais 3 pour cent d'une population musulmane de quelque 700.000 personnes, cela conduit à un chiffre d'environ 20 000 individus ayant des sympathies et des idées très dangereuses. Cette information devrait éveiller des craintes et réveiller les services d'immigration et autres services de sécurité de ce genre.

 

L'approbation d'Israël par 13 pour cent, dans cette étude, diffère d'un score remarquable transmis par Conrad Winn en 2004, quand il a laissé entendre qu' un cinquième de la population musulmane du Canada pensait: «Israël a raison sur à peu près tout», mais les chiffres ne sont pas radicalement différents et le nouveau chiffre peut être considéré comme une confirmation de l'ancien ordre de grandeur. De même, l'observation de la présente étude que «les sentiments pro-israéliens ont parfois été exprimés comme une réaction contre la violence anti-Israel» fait écho à l'observation de Winn sept ans plus tôt, à savoir que «Assez souvent, [une perspective pro-israélienne] est une réaction contre ce qu'ils considéreraient comme des leaders extrémistes dans leur propre communauté ou dans leur pays d'origine.»

 

Quand il s'agit de points de vue extrémistes, Leuprecht et Winn avouent leur surprise: «nous nous attendions à ce que les participants religieux dans les groupes de discussion soient plus radicaux dans leurs opinions. Par opposition à cela [et faisant contraste], les opinions politiques les plus radicales étaient plus susceptibles d'être exprimées par des personnes relativement laïques, souvent diplômées de l'enseignement supérieur en sciences sociales, tandis que les musulmans pratiquants étaient parfois les plus ardents défenseurs du Canada et de la démocratie.» Ce modèle établit que la piété islamique n'est pas en soi un problème, et que l'attitude politique est la clé des attitudes [différentes]. Les laïcs peuvent être extrémistes et les pieux, modérés.

 

Conclusion: Leuprecht et Winn constatent que tandis que les attitudes qu'ils ont découvertes ne s'ajustaient parfaitement à aucun des trois modèles, ils concluent que les résultats des sondages «suggèrent que les musulmans canadiens s'ajustent le mieux au modèle d'une communauté divisée avec des opinions hétérogènes comme cela a été formulé par Daniel Pipes.»

 

D'un côté, je me réjouis de cette conclusion. D'un autre côté, je me demande comment on pourrait caractériser autrement une communauté constituée de centaines de milliers d'individus. Assurément personne ne s'attend à ce qu'ils pensent tous de la même façon, ce qui impliquerait que l'islam transforme les croyants en automates qui perdent leur capacité à penser par eux-mêmes mais sont au lieu de cela dominés par une direction qui les programme. Aucune population humaine ne correspond à cette description.

 

Et même si cette description d'une population passive était autrefois convaincante, à coup sûr les émeutes du Moyen-Orient au cours de 2011 suggèrent que même les peuples qui obéissent pendant des décennies conservent un feu intérieur qui de façon imprévisible peut faire tomber leurs dirigeants. Les Libyens, dont beaucoup sont supposés avoir accepté les divagations de Mouammar al-Kadhafi, se sont avérés, par exemple, avoir pu penser par eux-mêmes.

 

L'étude de Leuprecht-Winn révèle un certain nombre d'attitudes problématiques, du désir de la charia au soutien à Al-Qaïda, mais elle établit également que le Canada a la population musulmane la plus modérée, diversifiée et ouverte en Occident. Non seulement ceci est un avantage sur lequel s'appuyer, mais cela suggère un rôle potentiel pour les musulmans modérés du Canada, celui de porter leur message et peut-être leurs institutions à d'autres pays occidentaux.