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PAS FACILE D’ÊTRE JUIF EN TERRE PERSANE

 

 

 

 

 

Etre juif en terre persane

Pascale Bourgaux

upjf.org, 6 mai 2013

   

C'est le grand jour. Arvin, 13 ans, s'avance vers l'autel sculpté en bois et or. Les chants résonnent dans la synagogue. Fière et rayonnante dans son chemisier en soie rouge vif, sa mère verse une larme. Aujourd'hui, elle ne porte pas le foulard, pourtant obligatoire en République islamique, mais une fleur épinglée à son chignon. Car c'est un jour un peu particulier. Celui de la bar-mitsva de son fils. C'est ici, à Yussef Abad, quartier cossu du centre-nord de Téhéran, que se trouve la plus grande synagogue de la capitale. Les copains d'Arvin sont venus, tous scolarisés dans des écoles juives. Il en reste cinq à Téhéran, les dernières du pays. Elles subsistent grâce aux subventions du ministère de l'éducation. Le frère d'Arvin, lui, va à l'école publique, républicaine et islamique. "J'ai des amis juifs et des amis musulmans, ce n'est pas mal vu. Entre nous, la question de la religion ne se pose pas.

 

Après la cérémonie, les convives se retrouvent autour d'un buffet somptueux. Au menu : des mets traditionnels iraniens et… du vin. Le patriarche porte sous le bras son trésor : une bouteille de deux litres. "Ce vin a trente ans !", dit-il fièrement. Distillé à la maison, à l'ancienne. Et autorisé uniquement dans le cadre du culte. La bouteille s'arrête devant d'élégantes bourgeoises. Foulard en cachemire sur la tête, elles pourraient ôter leur voile, mais la présence d'hommes musulmans – l'interprète officiel et le photographe – les gêne. Des gobelets se tendent puis, au dernier moment, se ravisent. "Vous savez, c'est vraiment une exception liturgique…", précise l'une d'elles tout en refusant catégoriquement d'être photographiée et de poursuivre le dialogue. Face à notre obstination, elle lance : "Je suis conseillère de Khatami [président réformateur de 1997 à 2005, NDLR], je suis une figure publique. Alors si vous insistez, j'appelle la police !" Pas si simple d'être juif en Iran…

 

Reconnus comme minorité dans la Constitution de 1979, au même titre que les chrétiens et les zoroastriens, les juifs sont représentés au Parlement par un unique député. Dans ce grand hémicycle à la moquette verte, Ciamak Morsadegh siège parmi 289 autres élus, dont quelques femmes couvertes du long tchador noir et des mollahs coiffés du turban de la même couleur réservé aux sayyid, les descendants du Prophète. Quand il n'est pas au Parlement, Ciamak Morsadegh passe ses journées à l'hôpital juif de Téhéran, dont il est le directeur. Fondé sous le Shah, le lieu accueille désormais principalement des patients musulmans. "Cet hôpital est un symbole de la tolérance en Iran, dit-il d'emblée. Nous recevons l'aide du président Ahmadinejad. Et, nous, les médecins, nous travaillons quasi gratuitement, juifs, musulmans et chrétiens, tous unis pour le bien de la nation iranienne."

 

Une peinture idyllique dans un contexte où Israël menace régulièrement l'Iran de frappes ciblées sur ses sites nucléaires… Mais en cas de guerre, cette "nation iranienne" resterait-elle unie ? Les juifs combattraient-ils sous la bannière de la République iranienne ? "Bien sûr !, s'agace le député. Nous avons eu des martyrs, nous aussi, pendant la guerre Iran-Irak ! Qui veut détruire les intérêts nationaux est notre ennemi. Il n'y a pas de différences. Que ce soit Israël ou, auparavant, l'Irak. Nous sommes prêts à défendre notre pays contre l'OTAN, contre les Etats-Unis et contre Israël !" Malgré ces gages de patriotisme enflammés, la loyauté des juifs iraniens reste, aux yeux du régime, sujette à caution. Comme tous les autres jeunes hommes du pays, ils accomplissent leur service militaire, mais ne deviennent jamais officiers. Et si la communauté compte quelques rares hauts fonctionnaires, ils n'accéderont jamais à des postes de responsabilité gouvernementale.

 

Il en va de même pour les autres minorités iraniennes. Même si pour les juifs, la situation est plus complexe encore, à cause de l'antisionisme déclaré de l'Iran depuis la révolution islamique. Car le fond du problème, pour les ayatollahs, c'est bien l'existence même d'Israël, qu'ils utilisent comme thème "fédérateur" dans la région. En niant le droit d'exister à l'Etat hébreu et en se présentant comme le champion de la cause palestinienne, ce régime chiite parvient, depuis trente-quatre ans, à séduire la rue arabe, pourtant majoritairement sunnite. Il pousse d'ailleurs la logique jusqu'au bout en y interdisant les voyages. Tout Iranien, qu'il soit juif ou non, qui franchit des frontières présentées comme "illégitimes", est passible de cinq ans de prison.

 

Mais, comme souvent en Orient, quand il s'agit de la sphère privée, la règle n'est pas vraiment respectée. Le système est simple et connu de tous : les passagers prennent deux avions, en passant par une escale "alibi" comme la Turquie, et les douaniers israéliens apposent les cachets d'entrée et de sortie sur une feuille du passeport "volante". Ces voyages sont importants pour une communauté juive très éparpillée. Des 80 000 juifs présents à l'époque du Shah, il en reste à peine un huitième aujourd'hui : 8 500, recensent les statistiques officielles ; 10 000, rectifie l'Association nationale des juifs d'Iran, qui affirme que certains juifs vivent "cachés", préférant taire leur religion. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a aujourd'hui plus de juifs iraniens en Israël et aux Etats-Unis qu'en Iran…

 

Ceux qui sont restés défendent donc soigneusement leur choix. "Dans les autres pays où il n'y a pas de menaces de frappes militaires, les juifs doivent beaucoup plus se protéger que nous. En France, par exemple, vous le savez bien, la communauté juive a eu beaucoup de problèmes, avance le président de l'association. En Turquie, en Egypte, les synagogues sont régulièrement attaquées, incendiées. Dieu merci, en Iran, aucune minorité religieuse n'a eu ce genre de problème. Et cela malgré l'hostilité qui existe entre l'Iran et Israël… En fait, l'Iran fait vraiment la différence entre le sionisme et le judaïsme."

 

Président de l'Association nationale des juifs d'Iran, Homayoun Sameyah reçoit dans un vaste appartement, situé au deuxième étage d'un bâtiment officiel : le siège de son association, subventionnée par l'Etat, qui organise activités pour les jeunes, fêtes et concours. Comme la plupart de ses coreligionnaires, il sait que sa liberté a un prix : la prudence, voire le silence. Il avance donc à pas comptés sur des sujets aussi délicats que le négationnisme affiché du président ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad. "Il y a eu des discussions et, malgré mon respect pour la présidence de la République islamique d'Iran, je pense, personnellement, que même s'il n'y avait eu qu'un seul juif tué pendant la deuxième guerre mondiale, à cause de son appartenance religieuse, l'acte est un crime et doit être condamné."

 

Une thèse que ce pharmacien peut défendre en public, avec une marge de manœuvre très limitée. "En Iran, la liberté d'expression existe. Il y a trois ou quatre jours, je parlais devant une assemblée d'étudiants bassidjis, donc très conservateurs. Lors de mon intervention, j'ai condamné le massacre des juifs pendant la seconde guerre mondiale et il n'y a pas eu de problème." Le professeur Sameyah insiste sur le mot "massacre", à défaut d'"holocauste", terme que réfute le régime des mollahs, l'utilisant plus volontiers au sujet des Palestiniens. "Mais il y a bien eu un massacre et un génocide pendant la deuxième guerre mondiale", conclut le pharmacien, audacieux.

 

Tous ne vont pas aussi loin, faute de maîtriser à la perfection l'art de la dialectique persane. La plupart fuient cette bataille sémantico-politique et évitent carrément le sujet. A Yussef Abad, la fête pour la bar-mitsva d'Arvin bat son plein, et le vin qui circule en petite quantité ne délie pas vraiment les langues. Lorsqu'on aborde la question avec un fidèle, il balbutie, tétanisé : "Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur l'Holocauste. Cet événement s'est apparemment passé pendant la deuxième guerre mondiale. Comme nous étions en Iran, loin du conflit mondial, et que l'Iran était un pays neutre, nous ne pouvons pas savoir ce qui s'est passé en Allemagne." Pas facile décidément d'être juif en Iran.

 

 

Oui à la nouvelle initiative arabe ! Niet aux lignes de 1949 !

Freddy Eytan

Le CAPE de Jérusalem, le 2 mai 2013

 

Depuis les célèbres « Trois Non » prononcés par la Ligue arabe au sommet de Khartoum tenu juste après la guerre des Six Jours, fin août 1967, nous constatons que les chefs d’Etats arabes réalisent que l’Etat juif existe bien et qu’il sera impossible de le vaincre un jour sur le champ de bataille. En 1977, Anouar el Sadate avait bien compris ce message, conscient que seule la négociation et la fin de la belligérance pourraient aboutir à une paix viable. En effet, il a obtenu gain de cause en récupérant son territoire sans tirer un seul coup de feu. Quant aux chefs palestiniens, ils ratent à chaque fois les bonnes occasions diplomatiques et les grands rendez-vous de l’Histoire en rêvant toujours de la grande Palestine, de la « mer au fleuve ».

 

Certes, la fameuse déclaration de Khartoum proclamant : Non à la paix, Non à la négociation, et Non à la reconnaissance d’Israël est  devenue pathétique après plus de 4 décennies, mais elle sert toujours de slogan pour les saboteurs de la paix : le Hamas, le Hezbollah, l’Iran et les extrémistes islamistes.

 

Comment donc relancer le processus de paix sans aucune condition préalable comme l’exige très justement le gouvernement Netanyahou ? Et comment ne pas aussi prendre en considération la nouvelle donne sur le terrain puisque plus de 750 000 Israéliens vivent au-delà des frontières d’avant juin 67, notamment dans la périphérie de Jérusalem ? Le dossier est donc complexe et compliqué et pour certains demeure insoluble car le conflit n’est pas uniquement territorial ! Tant que les Palestiniens, le Hamas et le Fatah réunis, ne décideront pas de mettre un terme à la belligérance et ne reconnaîtront pas clairement et sincèrement l’existence de l’Etat juif sur sa terre trimillénaire et son droit légitime de se doter de frontières sûres et défendables, la paix avec les Arabes ne pourra jamais se réaliser ! Cette position est aussi partagée par la majorité des ministres du gouvernement et par une grande partie des Israéliens qui souhaitent certes la paix mais sont profondément déçus des accords précédents signés avec l’Autorité palestinienne, et surtout par les néfastes conséquences provoquées par le « printemps arabe ».

 

Cette tendance négative a été renforcée par les démarches diplomatiques unilatérales et la délégitimation systématiques de l’Etat juif au sein des instances internationales. Elles furent provocantes et contreproductives.

 

Dans ce contexte, comment sortir de l’impasse ? Nous apprécions bien entendu les dernières déclarations des chefs arabes et leur décision de gommer définitivement les déclarations de Khartoum, ainsi que leur volonté pragmatique pour des rectifications de frontières. Certes, il s’agit d’un pas significatif et dans la bonne direction, et nous disons OUI à la négociation et à la reprise du processus de paix, car c’est aussi notre propre intérêt. Toutefois, ce n’est sans doute pas une Ligue arabe divisée et impuissante devant les turbulences dans la région, et incompétente pour régler la crise syrienne qui pourra relancer le processus de paix. Ni non plus le Qatar qui a pris l’initiative car ses intérêts sont transparents et ne sont que mercantiles.

 

Notre conflit a lieu avec nos voisins les plus proches, avec les Palestiniens, et un règlement ne se fera qu’avec eux et par étapes. Tant que les Palestiniens ne se réveilleront pas de leur torpeur, qu’ils ne renonceront pas à leur revendication sur toute la Palestine et le « droit au retour », eh bien, une paix sincère et viable avec eux ne pourra pas voir le jour ! Nous rejetons avec force l’idée d’un Etat binational et nous espérons que les Américains et les Européens partagent notre conception et respectent notre droit légitime sur notre terre ancestrale. Soyons clairs, les pressions ou un diktat de leur part n’aboutiront à rien de positif et le résultat serait que le conflit perdurera de longues années encore.     

 

 

Google identifie désormais la Palestine en tant que pays

Le Figaro, 3 mai 2013

 

Sur la déclinaison palestinienne du moteur de recherche, le mot «Palestine» remplace la mention «Territoires palestiniens» qui apparaissait auparavant.

 

La diplomatie se joue aussi sur Internet: Google a décidé de remplacer le terme «Territoires palestiniens» par «Palestine» sur sa page palestinienne. Un choix pas anodin, qui irrite le ministère des Affaires étrangères israélien.

 

Le moteur de recherche américain offre des déclinaisons nationales de son interface. Les versions différent peu, en dehors de critères de recherche. La page de Google France, accessible à l'adresse google.fr, s'affiche en français avec la mention «France» au-dessous du logo de la firme. Le schéma est similaire pour la plupart des pays.

 

Sur le portail palestinien, le logo affichait auparavant «Territoires palestiniens», tel que les régions de Jérusalem-Est, de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont dénommées depuis les Accords d'Oslo de 1991. Mais depuis le 1er mai, c'est la mention «Palestine» qui est lisible à l'adresse google.ps.

 

Ce changement de la mention du pays sur le portail palestinien fait suite à la décision prise par l'ONU, en novembre, de reconnaître la Palestine comme État observateur non-membre.. Elle était jusqu'alors «entité» observatrice. Cette reconnaissance a constitué un pas diplomatique supplémentaire vers la définition de la Palestine comme État.

 

«Nous changeons le nom de «Territoires palestiniens» en «Palestine» dans tous nos produits», a confirmé vendredi un porte-parole de Google à l'AFP. «Nous consultons une série de sources et d'autorités pour nommer les pays. Dans ce cas, nous suivons l'ONU, l'Icann (régulateur des noms de domaine sur internet, NDLR) l'ISO (Organisation internationale de normalisation, NDLR) et d'autres organisations internationales», a-t-il expliqué pour justifier ce choix.

 

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a regretté cette décision. Il estime que «ce changement soulève des questions sur les raisons» qui ont poussé «une entreprise internet privée» à s'impliquer «dans la politique internationale, et d'une manière controversée».

 

Sur Twitter, beaucoup de messages ont salué l'initiative du géant d'Internet. Certains commentaires ironisaient néanmoins sur le fait que cette question diplomatique se joue sur le site. Un utilisateur se demande ainsi si «ces choses sont désormais de la responsabilité de Google?».

 

Une autre internaute s'interroge sur les prochaines mesures que pourrait prendre Google: «Et maintenant, qu'en est-il de la mise à jour de Google Maps, qui ne mentionne aucunement la Palestine?»

 

Ce n'est effectivement pas la première fois que la firme américaine est impliquée dans une polémique liée au conflit israélo-palestinien. Sur son service de cartographie Google Maps, une recherche de la mention «Palestine» fait apparaître les territoires palestiniens sans indiquer de nom d'État. Le service de vue satellite Google Earth a aussi été critiqué pour rendre inaccessible certains territoires occupés. Les équipes de Google avaient d'ailleurs dû faire face au mécontentement de responsables palestiniens avant de pouvoir se rendre sur place.

VIOLENCE, HAÏNE, ET AGENDA POLITIQUES: UNE TERRE, DEUX PEUPLES, DEUX VISIONS DIFFÉRENTES.

 

 

 

SERMON DU VENDREDI SUR AL-AQSA: «MORT AUX JUIFS ET À L'AMÉRIQUE»
Dépêche

Memri.org, 9 décembre 2011

Ci-dessous des extraits d'un sermon du vendredi délivré à Gaza et diffusé sur la télévision Al-Aqsa le 2 décembre 2011. (Voir les extraits vidéo sous-titrés en anglais:

http://www.memri.org/clip/en/0/0/0/0/0/0/3227.htm)

 

Prédicateur: Notre étendard est «Il n'y a d'autre dieu qu'Allah» ; notre slogan: «Allah est le plus grand» (…) et notre manteau:

«Mort aux Juifs et à l'Amérique».

(…)

Le prophète a dit: Le Jour du Jugement n'arrivera pas tant que vous n'aurez pas combattu les Juifs – vous à l'est du fleuve et eux à l'ouest. Alors les pierres et les arbres diront:

«Ô musulman, ô serviteur d'Allah, il y a un Juif derrière moi: viens l'abattre.»

Ils ne diront pas:

«Ô musulman occidentalisé…»

Ils ne diront pas:

«Ô musulman ignorant de sa religion…»

Ils diront:

«Ô musulman, ô serviteur d'Allah, il y a un Juif derrière moi: viens le tuer.»

Bientôt vous entendrez les pierres et les arbres crier: «Allah Akbar» et dire:

«Ô musulman, ô serviteur d'Allah, il y a un Juif derrière moi, viens le tuer

LES GRANDS RABBINS D'ISRAËL CONDAMNENT SANS RÉSERVE
LES VIOLENCES DE L'EXTRÊME DROITE

Kévin Chetrit

Guysen.com, 15 décembre 2011

Alors que la tension semble retomber quelque peu en Israël après les actes de vandalisme de ces derniers jours, l’ensemble de la classe politique Israélienne a fermement critiqué les adeptes du «prix à payer». Au concert de condamnations s’est joint une très large partie du monde religieux.

 

La condamnation est sans retenue. Les actes de vandalisme de ces derniers jours n’ont pas tardé à faire réagir avec vigueur le gouvernement Israélien. C’est en des termes forts que Benyamin Netanyahou a dénoncé l’attitude des jeunes militants adeptes de la politique du prix à payer.

 

«Il ne s’agit pas d’un crime idéologique il s’agit simplement de criminalité», a-t-il dit. «Il existe des lois dans ce pays il y a un gouvernement dans ce pays, il y a la démocratie dans ce pays. Personne n'est autorisé à enfreindre la loi».

 

Mercredi 14 décembre le chef du gouvernement a adopté les recommandations formulées par Yaakov Neeman et Yitzhak Aharonovitch les ministres de la Justice et de la Sécurité intérieure. Les fauteurs de troubles seront désormais jugés par des tribunaux militaires et non plus civils. Benyamin Netanyahou a en revanche rejeté la proposition visant à mettre les émeutiers au même niveau que les terroristes.

 

A l’unisson du Premier ministre le chef de la diplomatie Israélienne Avigdor Lieberman ont vivement condamné l'attaque de la base militaire d’Efraïm. «De tels actes causent des dommages énormes à la société israélienne», ont-ils déclaré. «Rien ne peut justifier de lever la main et de porter préjudice à des soldats de Tsahal. Il faut éradiquer ce phénomène à la racine».

 

Une très large partie des leaders religieux du pays se sont joints aux condamnations. Une délégation de rabbins conduite par le Grand Rabbin Sépharade d’Israël, le Rav Shlomo Amar, s’est rendue sur les lieux des heurts. Pour rappeler que «la Torah est opposée à la violence» et que «Tsahal est l'armée du peuple». (…)

 

Politiques militaires religieux tous sont d’accord: la colère de ces militants est contre-productive, et doit être combattue par tous les moyens.

AU BORD DU PRÉCIPICE
Joseph Facal

fr.canoe.ca, 15 décembre 2011

Je viens de passer les 10 derniers jours en Égypte, à Alexandrie et au Caire, pour enseigner. J'y avais déjà été en 2009. J'ai retrouvé l'Égypte qui ne change jamais, une masse grouillante, bruyante, klaxonnante d'humains qui finit par donner le vertige, des vendeurs de produits invendables qui sont en fait des mendiants, la quasi-absence de feux de circulation et de poubelles, le sublime et le sordide un à côté de l'autre.

 

EXTRÉMISME

 

C'est à Alexandrie, huit millions d'habitants, deuxième ville du pays, totalement ignorée des journalistes étrangers et des touristes, où j'étais basé, que les changements m'ont le plus frappé depuis mon dernier séjour. La ville est le bastion des ultraconservateurs religieux.

 

Beaucoup d'hommes ont en permanence une ecchymose sur le front à force de se cogner par terre avec ferveur pendant la prière. L'immense majorité des femmes porte maintenant le foulard islamique. Celles aux cheveux découverts sont très rares et appartiennent à la minorité copte, nom donné aux chrétiens d'Égypte. Le nombre de femmes totalement voilées a grimpé en flèche.

 

Dans les rues, les haut-parleurs diffusent des versets coraniques à répétition. Impossible d'y échapper. Pendant que je donnais mon cours, l'appel à la prière du haut du minaret me forçait à fermer la fenêtre pour être entendu de mes étudiants. Il y a de moins en moins de journaux étrangers ou de chaînes de télévision non arabes accessibles. La première phase des élections législatives vient d'avoir lieu. Les grandes villes votaient en premier. Ensemble, les deux formations religieuses extrémistes, les Frères musulmans et les Salafistes, ont obtenu plus de 60 % du vote. Quand les zones rurales, plus pauvres et analphabètes, voteront, le raz-de-marée islamiste sera encore plus fort.

 

Les partis laïcs ont été balayés. Les jeunes de la place Tahrir, qui ont lancé le mouvement qui fit chuter Moubarak, proposaient aussi quelques candidatures: elles ont été pulvérisées par le rouleau compresseur islamiste. Le résultat final ne fait guère de doute.

 

INQUIÉTUDE

 

Les premières déclarations d'intention des leaders islamistes locaux, totalement ignorées par les médias occidentaux, donnent froid dans le dos. La minorité chrétienne pense qu'elle va y goûter. Mes collègues universitaires basés là-bas, des Français pour la plupart, sont terriblement inquiets.

 

Les islamistes n'ont joué aucun rôle dans les soulèvements populaires du printemps, mais ils récupèrent maintenant à leur profit le désir de changement. Moubarak ayant fait le vide sur la scène politique pendant des décennies, les islamistes, qui étaient la seule force politique organisée en face de lui, cueillent aujourd'hui le fruit mûr. Les jeunes qui se sont levés pour la liberté seront cruellement déçus.

 

Je reviendrai sur les causes profondes de la percée islamiste. Je peux me tromper, mais j'ai senti que le pays arabe le plus peuplé est au bord du précipice.

LES ISLAMISTES ET LE SEXE DES FEMMES
Hélios d'Alexandrie
postedeveille.ca, 15 décembre 2011

Hélios d'Alexandrie traite de la vision islamiste du sexe des femmes dans le contexte de l'histoire du mouvement féministe en Égypte et du récent prêche d'un imam très connu dans ce pays, l'imam al Houieini, expliquant pourquoi la femme doit couvrir son visage. Le prêche est reproduit sur le site elaph.com, qui contient également une vidéo (en arabe).

 

Vers une République islamique des Interdictions

 

Les islamistes, particulièrement les plus «sincères» d'entre eux, sont convaincus d'avoir le vent dans les voiles. Enhardis par leurs succès électoraux en Égypte ils laissent tomber la taqqia qui les a si bien servis et s'en donnent à cœur joie. La surenchère est de mise entre les imams salafistes et les gros bonnets du parti salafiste el Nour (le parti de la lumière); ils prônent à l'unisson un retour pur et simple à l'obscurité des temps primordiaux de l'islam. Les caciques du parti se frottent les mains et préparent un menu législatif de leur cru qui fera de l'Égypte la République Islamique des Interdictions:

 

  • interdiction de produire, de vendre et de consommer de l'alcool,
  • interdiction pour les femmes de circuler le visage découvert (le niqab sera obligatoire),
  • interdiction pour les femmes de porter des hauts talons (même sous le niqab) pour ne pas exciter la concupiscence des mâles,
  • interdiction pour un couple de se tenir par la main en public,
  • interdiction de publier et de vendre les œuvres littéraires de Naguib Mahfouz (prix Nobel de la littérature) ; ses écrits font de lui un apostat de l'islam (Mahfouz ne sera pas seul longtemps et il est à prévoir que tous les auteurs égyptiens lui tiendront bientôt compagnie),
  • interdiction pour les touristes de sexe féminin de porter le bikini,
  • interdiction de la mixité dans les piscines pour les touristes.

 

La précédente liste n'est pas exhaustive, on ne saurait penser à tout mais on compte sur le zèle des militants et de ceux qui feront respecter ces interdictions pour colmater les éventuelles brèches que ne manqueront pas d'ouvrir les ennemis de l'islam.

 

Le féminisme égyptien et le visage de la femme dans l'islam

 

Les imams salafistes, eux, ont un gros problème avec le féminisme égyptien et pour cause: le mouvement féministe est né il y a plus de cent ans et c'est curieusement une femme voilée du nom de Hoda Chaaraoui (née Hoda Mohamed Soltan) qui a fondé ce mouvement. De retour de France où elle avait complété sa formation académique, Hoda a enlevé le voile qui lui couvrait le visage au moment où elle était accueillie par son père au port d'Alexandrie.

 

Son geste a fait sensation, il a en même temps frappé l'imagination des femmes et surtout celle des hommes, à tel point que dix ans plus tard on ne rencontrait que très peu de femmes voilées en public. Le voile a été relégué à la poubelle des coutumes, il est devenu le symbole de l'ignorance, de l'obscurantisme et de l'asservissement des femmes. En se débarrassant du voile, les Égyptiennes ont réclamé de nouveaux droits: le droit à l'instruction, le droit à la protection contre les abus de la charia dans le champ matrimonial: restrictions sur la liberté de se déplacer, polygamie, divorce abusif, violence conjugale etc. Le droit de vote est arrivé plus tard et il s'est accompagné du droit de se porter candidate pour un poste électif. Le succès de Hoda Chaaraoui et du féminisme était tel, que durant les années trente et quarante, les épouses et les filles de l'imam d'al Azhar, comme celles des dirigeants du parti des frères musulmans, sortaient tête nue, allaient fréquemment chez le coiffeur et arboraient des toilettes à l'occidentale!

 

On comprend pourquoi les imams salafistes veulent «régler leurs comptes» avec le féminisme en général et avec Hoda Chaaraoui en particulier, cet épisode édifiant de l'histoire de l'Égypte moderne pèse lourd sur leur estomac. En effet, le rejet du voile par la population égyptienne au début et au milieu du vingtième siècle équivaut pour eux au rejet de l'islam, donc à l'apostasie ; si on suit leur raisonnement, l'Égypte au complet a renié l'islam et on en vient à la conclusion logique que c'est par le rejet de l'islam que l'Égypte a réussi à sortir de l'arriération. Cette équation islam = arriération est difficile à admettre pour les islamistes, d'où leur besoin de démolir l'image de Hoda Chaaraoui et de stigmatiser à jamais l'élan que cette femme a donné à l'Égypte à travers le mouvement féministe qu'elle a incarné.

 

Comment démolir l'image de Hoda Chaaraoui sans parler de la lutte qu'elle a menée pour la dignité des femmes et pour tirer l'Égypte de l'arriération? À cette question difficile l'imam salafiste Abou Ishaq al Houeini a voulu répondre dans un prêche adressé récemment à des militants. Malheureusement pour lui, son discoursa été filmé et par la suite diffusé partout via internet, Facebook, Twitter et Youtube. L'imam al Houieini y est allé de sa description des évènements entourant le geste historique de Hoda Chaaraoui quand elle a enlevé son voile publiquement en présence de son père. L'imam prétend que son père, qui occupait la haute fonction de président de la chambre des députés (l'assemblée nationale), a été catastrophé par son geste:

 

«Imaginez une femme qui découvre son visage en public, quelle catastrophe, pensez-y un instant, le visage de la femme c'est comme sa vulve!»

 

Entendre par là: le geste de Hoda Chaaraoui c'est de la grossière indécence, que les musulmans et les musulmanes se le tiennent pour dit, Hoda Chaaraoui est une impudique, dans le langage des islamistes c'est une pute et vlan!

 

L'imam al Houeini croyait frapper un grand coup, mal lui en prit car la réaction des gens n'a pas tardé à se manifester. Le public a retenu l'équation de l'imam: le visage de la femme = sa vulve. Les niqabées ont été les premières à se sentir humiliées par l'équation, les pauvres elles ignoraient que leur visage était une partie honteuse, jusque là l'endoctrinement islamique les avait convaincues qu'en se cachant derrière le niqab elles obéissaient à Allah et se rapprochaient de lui. Du coup le niqab, par la vertu de la rhétorique salafiste, a retrouvé sa fonction originelle. Pauvre niqab, d'instrument de libération de la femme il se trouve ravalé au rang de culotte ou de cache-sexe! (…)

LE HAMAS CÉLÈBRE LA MORT DE 1365 JUIFS ISRAÉLIENS
À L'OCCASION DE SON 24E ANNIVERSAIRE

Dépêche

philosemitismeblog.blogspot.com, 14 décembre 2011

Les terroristes du Hamas ont célébré le 24e anniversaire de l'organisation en organisant un défilé monstre à Gaza City. A l'occasion de cette commémoration, le Hamas a publié des statistiques et son bilan glorieux (merci l'Europe pour son amitié et sa générosité sans faille).

 

  • 1.848 "martyrs"
  • 1.365 Israéliens tués
  • 6.411 Isréliens blessés
  • 1.117 attaques terroristes
  • 87 missions suicide (menées par des bombes humaines)
  • 11.093 roquettes et obus de mortier lancés sur Israël

Il est clair que vous ne lirez pas ces magnifiques exploits dans vos quotidiens. Entre-temps, Mahmoud Abbas (reçu aujourd'hui pendant 40 minutes à l'Élysée par son ami Nicolas Sarkozy, qui se plaint que Benjamin Nétanayhou est un fieffé menteur) continue à mentir en prétendant que le Hamas a accepté les frontières de 1967 et une trêve.

 

LES MUSULMANS CHASSENT LES CHRÉTIENS DES TERRITOIRES PALESTINIENS
Manfred Gerstenfeld

france-israel.org, 15 décembre 2011
Adaptation Marc Brzustowski

Entretien de Manfred Gerstenfeld avec Justus Weiner

 

«Les territoires disputés de Judée-Samarie/Cisjordanie et de la Bande de Gaza sont administrés par l'Autorité Palestinienne (AP) et, depuis ces dernières années, par le Hamas. Sous ces régimes, les résidents arabes chrétiens sont victimes de violations fréquentes des droits de l'homme, comprenant l'intimidation, les coups, le vol de terre, l'incendie à la bombe d'églises et d'autres institutions chrétiennes, le déni d'emploi, le boycott économique, la torture, le kidnapping, les mariages forcés, le harcèlement sexuel et l'extorsion».

 

«Les Musulmans qui se sont convertis au Christianisme sont ceux qui sont en plus grand danger. Ils sont souvent laissés sans défense face à la cruauté des fondamentalistes musulmans. Les responsables de l'AP et du Hamas sont directement responsables de beaucoup de violations des droits de l'homme. Les Chrétiens arabes sont aussi victimes de la semi-anarchie qui caractérise la gouvernance de l'AP». (…)

 

«Traditionnellement, les Chrétiens et les Juifs ont reçu un statut social inférieur connu sous le nom de dhimmitude en Islam. Depuis ce jour, les attitudes musulmanes envers les Chrétiens et les Juifs sont influencées par les notions et préjugés que la dhimmitude a engendrés dans la société islamique. La persécution très répandue des Chrétiens dans divers pays sous domination musulmane apporte de nombreuses preuves de cela.

 

«Israël est l'unique exception au Moyen-Orient, où la population chrétienne a augmenté depuis 1948. Elle s'est accrue de plus de 400%. Cela inclut aussi des Chrétiens non-arabes, comme les Chrétiens russes qui sont venus en Israël en tant qu'époux/ses de Juifs.

 

«En tant que dhimmis, les Chrétiens vivant dans les territoires contrôlés par les Palestiniens font l'objet de restrictions légales, politiques, culturelles et religieuses débilitantes. Les groupes musulmans comme le Hamas et le Jihad Islamique ont construit une culture de haine sur les fondations séculaires de la société islamique. De plus, l'AP a adopté la loi islamique dans son projet de constitution.

 

«Dans un tel environnement, les Chrétiens arabes se sont retrouvés victimes de préjugés et de crimes haineux. Des dizaines de milliers de Palestiniens chrétiens ont abandonné leurs maisons ancestrales et émigré. Ils fuient vers presque n'importe quel pays qui leur fournira un visa. (…)

 

Weiner pointe du doigt que Yasser Arafat est celui qui a déterminé cette politique qui a conduit à ce changement démographique. «Après la prise de contrôle de Bethléem par l'AP, elle a redéfini les limites municipales des quartiers de la ville. Arafat a également défié la tradition en nommant un gouverneur musulman de la ville. Le Conseil de la ville de Bethléem, qui, selon la loi palestinienne, doit avoir une majorité chrétienne, a été pris d'assaut par les Musulmans. Huit des quinze sièges du conseil sont encore réservés aux Chrétiens, mais le Hamas contrôle le Conseil de la ville en utilisant des alliés chrétiens. Les efforts d'Arafat ont été couronnés de succès, lorsqu'il a converti le monastère grec orthodoxe près de l'Église de la Nativité en résidence personnelle à Bethléem.

 

«Les problèmes pour les Chrétiens à Bethléem sont typiques de ce qui se passé à travers tout le Moyen-Orient. Comme dans la société palestinienne, les Chrétiens arabes n'y ont ni porte-parole ni protection. Ce qu'ils vivent n'est pas étonnant. Du fait de l'émigration – certaines remontant à deux ou trois générations – soixante-dix pourcents des Chrétiens arabes qui résidaient, à l'origine, en Judée-Samarie/Cisjordanie et à Gaza vivent désormais à l'étranger. Des dizaines de milliers vivent à Sidney, Berlin, Santiago, Détroit et Toronto. L'émigration des Chrétiens arabes s'est démultipliée au cours de la dernière décennie, sans aucun terme prévisible.

 

«Il est couramment estimé que le nombre de Chrétiens vivant à Gaza totalise seulement 1500 à 3000 personnes au milieu d'1, 2 million de Musulmans. Probablement moins de cinquante mille Chrétiens, en tout et pour tout, demeurent à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et à Gaza.»

 

Weiner conclut: «Les crimes contre les droits de l'homme des Chrétiens arabes dans les territoires disputés sont commis par les Musulmans. Pourtant, de nombreux dirigeants palestiniens chrétiens accusent Israël de ces crimes plutôt que leurs auteurs réels. Ces patriarches et archevêques qui portent un titre chrétien arabe préfèrent obscurcir la vérité et mettent leur propre peuple en danger. C'est souvent pour obtenir des bénéfices personnels ou dû à l'intimidation. Une grande diversité de dirigeants chrétiens a adopté ce principe dans le monde occidental. D'autres qui sont au courant de ces crimes contre les droits de l'homme choisissent de se taire à leur sujet».

 

(Le Dr. Manfred Gerstenfeld préside le Conseil d'Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d'entre eux traitent d'anti-israélisme et d'antisémitisme. Justus Reid Weiner est juriste international spécialiste des droits de l'homme et membre des Associations du Barreau d'Israël et de New-York.)

 

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